Hier matin, des milliers de voyageurs à travers l’Algérie ont été confrontés à une paralysie quasi totale du réseau ferroviaire, plongeant plusieurs villes dans le chaos. Une grève nationale inopinée a été déclenchée sans préavis par la Fédération Nationale des Travailleurs du Transport Ferroviaire (FNTF), syndicat affilié à la Société Nationale des Transports Ferroviaires (SNTF). Dès les premières heures de la matinée, les trains se sont immobilisés, laissant des passagers bloqués dans les gares, incapables de rejoindre leurs destinations, et confrontés à une confusion généralisée.
Dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, un cheminot gréviste a reconnu ouvertement que le public n’avait pas été prévenu, invoquant « l’urgence de la situation » pour justifier l’absence de préavis. Cet arrêt surprise a affecté l’ensemble du réseau, touchant non seulement les lignes interurbaines mais également les liaisons de banlieue, provoquant une grande inquiétude parmi les usagers, obligés de chercher des alternatives pour leurs déplacements quotidiens.
Un conflit syndical paralyse tout le réseau
La mobilisation des cheminots s’explique par un conflit ouvert avec la direction de la SNTF. Les critiques se concentrent sur le PDG Adj Bouaoum, en poste depuis décembre 2022, accusé « d’exercer des pressions sur l’activité syndicale ». Selon certains témoignages de cheminots, les tensions se sont accentuées ces dernières semaines, en raison de revendications concernant les conditions de travail, la sécurité et la gestion interne de l’entreprise.
La direction de la SNTF, et suite à ce débrayage, n’a publié aucun communiqué officiel pour clarifier les motifs exacts de la grève ni pour annoncer les mesures envisagées afin de résoudre la situation.
Face à cette paralysie, un service minimum a été mis en place pour limiter autant que possible les perturbations. En milieu de journée, quelques trains ont progressivement repris leur activité sur certaines lignes périphériques de la capitale, notamment à l’Est et à l’Ouest, offrant un répit partiel à une partie des passagers bloqués.
L’impact de cette grève surprise a été particulièrement ressenti dans les grandes gares, où la panique et la colère des voyageurs étaient palpables. Des centaines de passagers ont été contraints de passer plusieurs heures dans des salles d’attente bondées, certains exprimant leur frustration face à l’absence de communication et demandant des explications claires. Des familles, des étudiants et des travailleurs ont témoigné de leur inquiétude, soulignant l’importance vitale d’un service ferroviaire fiable pour la mobilité quotidienne et l’économie locale.
Sur le plan régional, des lignes reliant les grandes villes aux zones périphériques ont également été touchées, ce qui a provoqué des perturbations majeures dans les transports alternatifs et accru la congestion routière. Dans plusieurs villes, les taxis et les bus ont dû absorber un afflux massif de voyageurs, aggravant encore la situation.
Les experts estiment que si le conflit perdure, le réseau ferroviaire pourrait subir des retards supplémentaires et un impact durable sur les usagers. Les voyageurs attendent désormais une intervention rapide et coordonnée de la part des autorités et de la direction de la SNTF afin de rétablir un fonctionnement normal et garantir la continuité du service ferroviaire à travers le pays.
Par : S.A.B.











