Le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (CNAPESTE), qui a tenu vendredi une Assemblée générale extraordinaire, a évoqué, dans un communiqué, une plainte du ministère du Travail visant sa dissolution.
«L’Assemblée générale nationale dénonce fermement le recours du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, avec le soutien du ministère de l’Éducation nationale, à l’introduction d’une action en justice devant le tribunal administratif en date du 9 mars 2026, visant la dissolution du syndicat national CNAPESTE, sous des prétextes fallacieux», a indiqué le Syndicat dans son communiqué.
Et ces «prétextes» sont la «non-conformité avec la loi 23-02», un «défaut de représentativité» et «non-respect des décisions de justice», a ajouté la même source, qui conteste ces «accusations» affirmant respecter «toutes les obligations procédurales» et précisant que pour ce qui est de la représentativité, «il n’y a pas de décision claire sur les mécanismes d’application des éléments» de cette dernière.
Dans le même ordre, «l’Assemblée condamne fermement les pressions administratives et les contraintes judiciaires subies par le coordinateur national», rejetant «catégoriquement toutes les pratiques visant à l’écarter par le biais de ce qui est appelé la retraite forcée, considérée comme une violation flagrante des textes légaux et une atteinte directe à la volonté de la base militante qui l’a élu».
Dans ce sens, le CNAPESTE «dénonce les pratiques administratives arbitraires apparues dans la correspondance ministérielle n° 533 du 6 avril 2026, qui instruit de ne pas traiter avec le coordinateur national». Ce qui démontre, a ajouté le Syndicat, «l’ingérence du ministère dans les affaires internes du syndicat et le non-respect du principe de non-rétroactivité des lois».
Des mesures qui, poursuit l’organisation syndicale, visent à «neutraliser le syndicat et à remettre en cause sa légitimité légale, afin d’éviter un dialogue social sérieux et responsable, optant à la place pour une logique de répression et de musellement».
Cette évolution a fait réagir le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) qui a estimé que «ce qui se déroule aujourd’hui dans le secteur de l’Éducation nationale dépasse de loin le cadre d’un simple conflit socio-administratif», puisque «il s’agit d’une offensive préoccupante et systématique contre les libertés syndicales, pourtant garanties par la Constitution et les engagements internationaux de l’Algérie».
Des «agissements» qui «traduisent une volonté soutenue de marginaliser les voix indépendantes, d’affaiblir les cadres d’expression collective des travailleurs et de vider le dialogue social de sa substance», a estimé le parti.
En dernier lieu, se décidant à procéder au «lancement immédiat de procédures de recours légaux et judiciaires contre les décisions et correspondances arbitraires et illégales», le CNAPESTE «interpelle le Président de la République pour qu’il intervienne afin de protéger les libertés syndicales, mettre fin aux dépassements et revaloriser la dignité de l’enseignant et de l’école publique».
Il est à rappeler que le coordinateur national du CNAPESTE, Messaoud Boudiba, et le membre du bureau national chargé de l’organique, Boubekeur Habet, sont placés sous contrôle judiciaire depuis février 2025.
Par : Elyas Abdelbaki












