Noureddine Boukrouh, homme politique algérien et ancien candidat à la présidence, a tenu à présenter ses excuses à la famille du défunt président Houari Boumediene, après la vive polémique provoquée par des propos tenus lors d’une interview diffusée sur les réseaux sociaux. Dans une publication rendue publique sur son compte Facebook, il a reconnu avoir formulé des déclarations qu’il qualifie lui-même de « déplacées », soulignant qu’elles avaient été prononcées « dans un langage spontané et sous l’effet de l’émotion », ce qui aurait pu heurter profondément la famille du défunt président ainsi qu’une large partie de l’opinion publique. Cette mise au point intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour de la mémoire de Boumediene, figure centrale de l’histoire contemporaine de l’Algérie.
« Des propos spontanés tenus sous l’effet de l’émotion »
Dans son message, l’ancien ministre du Commerce précise que ses propos n’étaient ni motivés par des considérations personnelles, ni destinés à juger la carrière du président Boumediene durant la révolution ou les années qu’il a passées à la tête de l’État. Il affirme qu’ils s’inscrivaient plutôt dans le cadre d’un éclaircissement historique lié au débat autour de la Charte nationale de 1976, une étape déterminante dans la structuration politique et idéologique de l’Algérie postindépendance. Pour illustrer ce contexte, il rappelle la lettre ouverte publiée à l’époque par deux importantes figures du mouvement national, Ferhat Abbas et Benyoucef Benkhedda, un document qui avait suscité un vif débat et provoqué de profondes divergences au sein de la classe politique. Cette référence, selon lui, visait à éclairer une dynamique historique complexe et non à porter un jugement sur la personnalité du défunt président.
Rappel des tensions de l’époque et des critiques actuelles
Poursuivant ses explications, Noureddine Boukrouh évoque plusieurs mesures qu’il estime avoir été répressives à l’encontre d’Abbas et Benkhedda, parmi lesquelles la fermeture de leurs pharmacies, le gel de leurs comptes bancaires et leur assignation à résidence. Il élargit également son analyse à d’autres personnalités historiques, telles que Krim Belkacem, Mohamed Khider, Mohamed Chaabani ou encore Ahmed Medeghri, afin de montrer l’ampleur des tensions politiques ayant marqué cette période charnière. En conclusion de son message, il aborde la question de ce qu’il décrit comme une forme de stigmatisation sociale visant certaines catégories de citoyens, estimant qu’une révision du regard porté sur elles s’impose et appelant à ce que des excuses leur soient également adressées.
La polémique déclenchée par ses propos a suscité une large vague de réactions, en grande partie en raison de la forte charge symbolique entourant la figure du président Boumediene dans la mémoire collective nationale.
Par : S.A.B.









