Trois ministres se sont réunis, hier, pour se pencher sur la situation des médecins résidents. Ainsi, les premiers responsables des départements de l’Enseignement supérieur, de la Santé et du Travail ont tenu une réunion de coordination, au siège du ministère de l’Enseignement supérieur, consacrée à «l’amélioration des conditions de stage des médecins résidents».
«Les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de la Santé, ainsi que du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, ont tenu, ce samedi 9 mai 2026, une réunion de coordination consacrée à l’étude et à l’amélioration des conditions de stage des médecins résidents, dans le cadre de la réglementation en vigueur et d’un meilleur équilibre entre la formation académique et les missions de terrain», a indiqué un communiqué du ministère de l’Enseignement supérieur.
A cet effet, «une commission mixte a été créée pour élaborer un projet de plan d’action».
Une annonce qui intervient quelques jours seulement après la polémique qui a éclaté en France suite à la déclaration du Président français, Emmanuel Macron, qui avait dénoncé, le 27 avril dernier, les «lourdeurs administratives» au sujet de l’intégration des médecins étrangers, notamment algériens.
Ainsi, il est utile de rappeler qu’au 1er janvier 2025, selon le quotidien Le Monde, «19 154 médecins, diplômés à l’étranger hors UE et qui exercent officiellement en France, étaient inscrits au tableau de l’ordre des médecins». 38,8 % d’entre eux, a ajouté la même source, «ont été diplômés en Algérie», représentant donc le premier contingent de médecins étrangers exerçant en France.
Chaque année, des centaines de médecins algériens postulent pour des postes à l’étranger principalement en France.
La réflexion, au niveau national, devrait concerner, entre autres, les mesures à prendre pour retenir le médecin algérien, formé par l’argent public.
Pour l’Algérie, la question dépasse donc le seul cadre universitaire, puisque touchant la sécurité sanitaire du pays.
L’amélioration des conditions de stage pour les médecins résidents pourrait, ainsi, contribuer à freiner cette «saignée».
Ceci d’autant plus, faut-il le rappeler, que c’était une exigence des médecins qui ont observé, fin 2024 et début 2025, un mouvement de protestation de plusieurs semaines, durant lequel ils ont dénoncé, d’une manière générale, la dégradation de leurs conditions socioprofessionnelles, les faibles rémunérations, le manque d’encadrement pédagogique et l’absence de perspectives claires de carrière.
Les protestataires ont notamment réclamé une révision du statut du résident datant de 2011, une revalorisation des primes de garde, une meilleure reconnaissance académique de leurs diplômes. Il était aussi question de la suspension du gel de l’authentification de leurs diplômes.
En somme, les syndicats du secteur ont tiré la sonnette d’alarme à maintes reprises, réclamant l’amélioration des conditions d’exercice du métier afin de préserver le système national de santé publique.
Cette réunion interministérielle est une réponse, donc, aux doléances exprimées allant dans le sens de l’amélioration des conditions de formation et de travail des résidents.
Par : Elyas Abdelbaki










