Que se passe-t-il aux frontières algéro-tunisiennes ? Depuis dimanche, les bus transportant les touristes algériens, se rendant en Tunisie, sont bloqués au niveau des différents postes frontaliers.
Selon plusieurs témoins, les polices de l’air et des frontières des deux pays exigent désormais de chaque bus une « autorisation internationale de transport de voyageurs ». Si la nouvelle a fait des mécontents parmi les ‘’touristes’’, elle a fait la joie, par ailleurs, de nombreux concitoyens habitués des voyages en Tunisie pour des raisons médicales ou d’affaires, franchement dégoutés par les longues files et heures d’attente au niveau des postes frontières. Ça pouvait atteindre jusqu’à 15 heures d’attente dans les deux sens.
Rapportée, entre autres, par le quotidien « El Khabar », dont les sources affirment que la mesure « est désormais en vigueur dans tous les postes terrestres », l’information a été confirmée par Maher Houmour, président de l’Organisation algérienne de tourisme (ATO) qui, dans une vidéo, a affirmé que la mesure n’a été accompagné d’aucune communication préalable.
D’ailleurs, dans un message posté sur les réseaux sociaux, celui-ci a saisi, les ministres, de l’Intérieur, et de Tourisme, ainsi que le premier responsable de la police, à l’effet d’apporter des « clarifications ».
Dans son message, Maher Houmour a fait remarquer que « des milliers de voyageurs sont bloqués aux postes frontaliers, du fait que la majorité des bus ne disposent pas d’autorisations préalables délivrées par les directions des transports — alors même qu’il s’agit de bus appartenant légalement à des agences de tourisme » et que « des informations selon lesquelles certains bus auraient fait descendre leurs passagers aux postes frontaliers et procédé à la location de bus à l’intérieur du territoire tunisien ».
Une décision appliquée sans préavis
Ainsi, et vu que « la décision conjointe a été appliquée le soir même, sans le moindre préavis de la part des autorités concernées aux agences de tourisme », celui-ci sollicite les trois responsables saisis à l’effet de « publier un communiqué explicatif officiel concernant cette situation ».
La veille, dans une vidéo, Maher Houmour a expliqué que si cette mesure, dans le cas où elle venait à être confirmée, a-t-il précisé, peut éventuellement contribuer à assainir le secteur, en disqualifiant les « fausses agences » de voyages, elle devait être annoncée à l’avance.
Pour ce qui est des raisons ayant motivé la décision de prendre cette mesure conjointe, certaines sources expliquent que c’est en lien avec l’allocation touristique (750 euros, NDLR), certains « touristes » ne se déplaçant en Tunisie pour des séjours de sept jours, rien que pour pouvoir bénéficier de cette allocation pour pouvoir la revendre au « marché noir ».
Un business derrière le …business
A cela s’ajoute le comportement de certaines agences de voyages qui, dans leurs communications promotionnelles sur les réseaux sociaux incitent carrément les potentiels clients à « faire le voyage pour pouvoir bénéficier de l’allocation ».
Or, avec l’approche de la fin d’année, les « voyages » en direction de la Tunisie vont certainement se multiplier.
Il est, à ce titre, utile de rappeler, que la Banque d’Algérie (BA) a rendu public, dimanche, un communiqué dans lequel elle indique que « le droit de change pour voyage à 750 euros au profit des citoyens adultes, et 300 euros pour les citoyens mineurs, est accessible une fois par an » et que « le droit de change est servi uniquement à destination du bénéficiaire effectif et que l’instruction N° 05-2025 relative au droit de change pour voyage à l’étranger notamment dans son article 10, interdit et sanctionne le recours à toute manœuvre visant à dévier l’usage du montant du droit de change, conformément à la législation en vigueur ».
Si la BA a tenu à faire cette « précision » c’est qu’elle a constaté des abus. Cette mesure relative à l’autorisation internationale de passage entre-t-elle donc dans le cadre des dispositions prises pour lutter contre ces abus ?
Les autorités concernées vont certainement s’exprimer sur la question dans les jours à venir. Entre temps, et dans le cas où cette situation au niveau des frontières persiste, ce sont des dizaines d’algériens désirant passer des vacances de fin d’année en Tunisie qui devront revoir leurs plans.
Par : Elyas Abdelbaki






