La direction des Transports de la wilaya d’Annaba a cru bon de réagir aux vagues de mécontentement exprimées sur les réseaux sociaux à propos des interminables files d’attente aussi bien au niveau des taxis et que des bus, desservant la nouvelle ville Benmostefa Benaouda (Draâ Errich) et bien d’autres localités (El Kalitoussa, El Gantra, etc…). Dans un communiqué officiel, elle assure que tout est sous contrôle : un “plan de transport préalable” aurait été mis en place avec 16 bus privés qui seraient opérationnels, et 7 autres relevant du service de transport urbain qui assureraient un service tard dans la nuit.
Une belle démonstration da l’administration bureaucratique où l’on aligne les chiffres comme des soldats bien dressés, sans qu’aucun d’eux ne semble avoir mis le pied sur le terrain. Car, si l’on s’en tient aux réalités vécues quotidiennement par les usagers, ces statistiques ne suffisent pas à masquer la pagaille et la pénurie criante des moyens de transport.
Des chiffres officiels déconnectés de la réalité
Il suffit de se rendre à l’un des arrêts de taxis ou de bus de Draâ Errich aux heures de pointe pour comprendre l’ampleur du problème. Des files d’attente interminables se forment dès la sortie des bureaux, avec des dizaines de personnes patientant parfois plus d’une heure faisant le pied de grue, sous un soleil écrasant, sous la pluie battante ou dans l’humidité nocturne. Une scène devenue quotidienne et qui contraste cruellement avec l’image d’un service fluide et efficace que tente de vendre la direction des Transports.
Pourtant, son communiqué insiste : les bus sont là, leur cadence est bien pensée, “un passage toutes les sept minutes en heure de pointe”, lit-on avec amusement. Si tel était le cas, pourquoi donc ces files d’attente dignes d’une distribution de rationnement? Pourquoi ces citoyens contraints, bon gré mal gré, à recourir aux taxis clandestins, faute d’alternative viable?
Le recours aux clandestins : choix ou nécessité ?
Là où l’offre officielle échoue, l’informel prospère. Confrontés à des temps d’attente insoutenables, de nombreux usagers n’ont d’autre choix que de solliciter des taxis clandestins, plus chers, mais souvent la seule option pour rentrer chez soi dans un délai raisonnable. Cette situation pose un double problème : d’une part, elle expose les usagers à des trajets non réglementés, et d’autre part, elle témoigne de l’incapacité des autorités à répondre à une demande élémentaire.
En creux, c’est toute la logique du “plan de transport préalable” qui s’effondre. Si celui-ci était aussi bien conçu qu’annoncé, pourquoi le secteur informel aurait-il autant de succès ?
Des mesures correctives qui tardent à venir
Face à cette cacophonie, la direction des Transports promet des “ateliers de travail” et des “ajustements” à venir. Des “réflexions en cours” qui, malheureusement, ne feront pas rentrer plus tôt chez eux les habitants de Draâ Errich et autres, ce soir, ni demain, ni probablement la semaine prochaine. En attendant, les files d’attente s’allongent et les habitants s’adaptent comme ils le peuvent, dans une ville où prendre un bus devient un exercice de patience et d’endurance. Un constat amer : à Annaba, il semble plus facile de rédiger des communiqués que de régler les problèmes de transport.
Par : Mahdi AMA







