Un nouveau sit-in des souscripteurs du programme AADL 3 s’est tenu, hier, devant le siège de la wilaya. Ces derniers maintiennent leur refus des sites jugés éloignés et réclament une rencontre directe avec le wali. Après plusieurs actions similaires, la mobilisation traduit désormais une fatigue profonde face à l’absence de réponses formelles des autorités locales.
L’action d’hier ne diffère guère des précédentes. Les manifestants ont campé devant les bureaux, multiplié les prises de parole et brandi des banderoles réclamant des garanties écrites sur la desserte et les équipements. Le rejet porte notamment sur des implantations lointaines comme El Kalitoussa et d’autres sites périphériques jugés incompatibles avec une vie professionnelle normale.
La répétition des sit-in a transformé l’indignation initiale en lassitude. Plusieurs familles disent ne plus croire aux annonces orales. Les revendications s’affinent et se durcissent parce que le temps joue contre les foyers qui attendent une affectation. Les mots utilisés sur les banderoles reflètent la même exigence depuis des semaines : études de desserte préalables, plan de transport garanti, calendrier d’équipements signé et vérifiable.
Le silence administratif
Autre motif d’exaspération, le silence apparent des services locaux. Les responsables consultés n’ont pas produit d’engagements écrits susceptibles d’être contrôlés. L’attente d’une rencontre avec le wali cristallise ce déficit de dialogue. À défaut de réponses tangibles, les souscripteurs estiment que la décision publique se dérobe à l’examen de ses conséquences sociales et économiques.
Une mère de famille interrogée évoque des trajets quotidiens qui «mangeraient le salaire» et rendraient le logement social inopérant. Un représentant du mouvement insiste sur l’intransigeance de la demande : une seule interlocution souhaitée et acceptée, celle du wali, et rien d’autre. Les images partagées sur les réseaux confirment une mobilisation nombreuse mais jusque-là non violente.
Le conflit dépasse la seule distribution de logements. Il met en lumière la difficulté de concilier enjeux fonciers et exigences de proximité urbaine. Si l’administration choisit d’accélérer les affectations sans garanties, le risque est d’installer des cités dortoirs. Si elle concède des délais et des études, elle s’expose à la colère des souscripteurs impatients.
La répétition des sit-in et le silence administratif transforment une revendication technique en crise politique locale. Sans actes contractuels et vérifiables, la lassitude risque de muter en radicalité et de peser durablement sur le calendrier des affectations.
Par : Mahdi AMA






