La wilaya lancera aujourd’hui une « Semaine de la santé scolaire », une opération intersectorielle coordonnée entre les directions de l’Education et de la Santé, déployée jusqu’au 25 du mois courant sous la devise «Santé scolaire pour un avenir sain et sécurisé». Le dispositif mobilise : équipes médicales, unités mobiles de dépistage, ateliers pédagogiques et matériel d’information dans l’ensemble des établissements éducatifs de la wilaya.
Structurée autour de trois axes complémentaires, l’opération vise : (1) la détection systématique des problèmes de santé scolaire et l’orientation des cas vers des structures spécialisées ; (2) l’éducation à la prévention (hygiène, sécurité alimentaire et promotion de comportements protecteurs) adressée aux élèves et aux familles ; (3) le contrôle de terrain destiné à vérifier l’application des recommandations et à ajuster les pratiques opérationnelles. Les associations de parents d’élèves sont explicitement sollicitées, la direction appelant à leur implication comme condition de pérennisation des acquis.
Au-delà de la dimension opérationnelle, l’intérêt stratégique de l’initiative réside dans sa tentative d’inscrire la santé dans la continuité du projet pédagogique plutôt que de la circonscrire à un événement ponctuel. Pour franchir cette étape, la campagne doit impérativement s’appuyer sur un cadre d’évaluation rigoureux : indicateurs de couverture (proportion d’élèves dépistés), d’orientation (pourcentage d’élèves référés et suivis), d’efficacité comportementale (évolution des pratiques hygiéno-alimentaires mesurée avant/après) et d’accessibilité (disparités territoriales d’accès aux soins). Sans ces instruments, l’action risque de rester performante, mais peu transformative.
La réussite opérationnelle dépendra de facteurs logistiques et politiques précis : disponibilité des ressources matérielles (kits, supports pédagogiques), formation spécifique des personnels mobilisés, articulation administrative entre services et sécurisation de financements pluriannuels. L’initiative met en lumière une tension constante, forte ambition institutionnelle versus contraintes du terrain (capacités limitées des services de santé scolaire, inégalités territoriales, charge administrative des établissements), que seule une planification budgétaire et une gouvernance intersectorielle stables peuvent résoudre.
Par : Mahdi AMA












