Fort de près de 191 000 abonnés sur les réseaux sociaux, Saif Eddine Nano dispose aujourd’hui d’une communauté suffisamment importante pour transformer un simple appel à l’aide en véritable chaîne de solidarité.
À l’heure où les réseaux sociaux sont souvent associés au divertissement, à la mise en scène de soi ou à la recherche de visibilité et de revenus, certains créateurs de contenu en font un véritable outil d’entraide. À Constantine, Saif Eddine Nano s’est imposé au fil des années comme l’un des visages de cette solidarité numérique. Son nom est aujourd’hui associé à une communauté mobilisée autour d’un objectif simple : aider ceux qui en ont besoin.
Tout a commencé par une idée aussi simple qu’efficace. Sur ses réseaux sociaux, Saif Eddine Nano publie des annonces concernant des objets perdus ou retrouvés. Une carte d’identité oubliée, un portefeuille, des clés, des bijoux, une ordonnance médicale, voire une somme d’argent retrouvée dans la rue : plutôt que de laisser ces objets sans propriétaire, des citoyens les lui confient afin qu’il diffuse un appel.
À l’inverse, les personnes ayant perdu un bien peuvent également lui adresser une annonce. Grâce à l’audience qu’il a construite, les publications sont rapidement partagées et, dans de nombreux cas, les objets retrouvent leur propriétaire.
Ce qui n’était au départ qu’un service de proximité est progressivement devenu une véritable plateforme citoyenne. Les sollicitations se sont multipliées et ont dépassé le simple cadre des objets perdus. Des familles confrontées à des difficultés financières, des malades à la recherche d’un médicament introuvable ou trop coûteux, des personnes ayant besoin de financer un examen médical, des gardes malades, des jeunes en quête d’un emploi ou encore des citoyens traversant une période difficile se tournent désormais vers lui dans l’espoir de trouver une solution.
Son rôle consiste alors à mettre en relation les bonnes volontés. Il relaie les demandes, vérifie autant que possible les informations et s’appuie sur une communauté prête à répondre présente. Un pharmacien signale la disponibilité d’un traitement, un employeur propose un poste, un bienfaiteur prend en charge une partie des frais médicaux ou une famille apporte une aide matérielle à une autre. Les réseaux sociaux deviennent ainsi un point de rencontre entre ceux qui ont besoin d’un coup de main et ceux qui sont en mesure de le donner.
À Constantine, cette initiative a fini par dépasser le cadre virtuel. Beaucoup de personnes viennent directement à sa rencontre pour lui exposer leurs difficultés. Au fil du temps, Saif Eddine Nano est devenu une sorte d’interface humanitaire informelle, un intermédiaire entre les citoyens, sans appartenir à une association ou à une institution. Sa force réside avant tout dans la confiance que lui accordent ses abonnés et dans la rapidité avec laquelle l’information circule.
Son parcours illustre une évolution plus large des usages des réseaux sociaux en Algérie. Bien loin des clichés qui réduisent les influenceurs à la promotion de produits ou à la quête de popularité, une nouvelle génération choisit d’utiliser sa visibilité pour répondre à des besoins concrets. L’audience devient alors un levier de solidarité, capable de mobiliser en quelques heures des centaines de personnes autour d’une cause ou d’un appel urgent.
L’expérience de Saif Eddine Nano montre ainsi que, lorsqu’ils sont mis au service de l’intérêt collectif, les réseaux sociaux peuvent dépasser leur fonction première. Ils deviennent un espace où la proximité, l’entraide et la mobilisation citoyenne prennent parfois le pas sur le simple divertissement, faisant d’un influenceur un véritable acteur du lien social.
Par : Aly D











