Les associations de patients atteints de cancer prennent une place centrale dans la prévention et la sensibilisation, en tissant des ponts entre la société civile et les institutions publiques. Mardi à Alger, plus de 70 d’entre elles se sont réunies pour partager expériences et stratégies, dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le cancer.
Le mouvement associatif a investi, mardi, à Alger, le centre de la prévention contre le cancer. Organisée par la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer en partenariat avec la Fédération algérienne des patients atteints de cancer, cette rencontre a mis en lumière le rôle déterminant des associations dans la sensibilisation et l’accompagnement des malades. Selon Hamida Kettab, présidente de la Fédération algérienne des associations de patients, « l’objectif commun reste une prise en charge optimale des malades, fondée sur la coopération et l’expertise de tous les acteurs impliqués ».
Les associations sur tous les fronts
Pour le professeur Adda Bounedjar, président de la Commission, « ces associations sont un moteur de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer 2025-2035 », en soulignant leur rôle de relais auprès des patients et des familles. De son côté, la ministre de la Solidarité nationale, Soraya Mouloudji, a qualifié le mouvement associatif de « levier essentiel » pour soutenir les malades, notamment sur le plan psychologique, tout en participant aux actions de prévention.
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a souligné que l’engagement de son secteur aux côtés des associations relève de la « responsabilité centrale » de son département dans le cadre de la stratégie nationale de prévention contre le cancer. Une stratégie à laquelle, a-t-il rappelé, les institutions de l’État, à leur tête le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, accordent une importance particulière.
Production locale des médicaments
Dans ce contexte, le ministre a indiqué que son secteur poursuit le développement de la production locale des médicaments anticancéreux, « dans le cadre du renforcement de la souveraineté sanitaire et pharmaceutique et de l’évitement des perturbations liées à l’importation ». Selon un compte rendu de la télévision nationale, il a précisé que le marché pharmaceutique national compte actuellement dix entreprises spécialisées dans la production de médicaments contre le cancer, assurant la fabrication de 450 médicaments.
Quatre ateliers ont rythmé la journée, consacrés au dépistage précoce, à la transmission d’une information fiable et aux modalités de coopération avec les différents acteurs publics. Les discussions ont porté sur les cancers les plus répandus, notamment ceux du sein et de la prostate, et ont rappelé la campagne nationale de vaccination prévue cette année.
Au-delà de l’accompagnement, ces associations incarnent un véritable réseau de solidarité et d’espoir. Elles transforment la peur et l’isolement des patients en accompagnement concret, en information fiable et en mobilisation citoyenne. Ces rencontres nationales, loin d’être de simples échanges de bonnes pratiques, renforcent la coordination entre associations, institutions publiques et acteurs sanitaires, faisant émerger une réponse collective et structurée face au cancer.
Les associations, véritables relais de terrain, jouent un rôle irremplaçable en transformant l’information et le soutien en actions concrètes pour les patients. Leur engagement, soutenu par l’implication des pouvoirs publics, souligne que la lutte contre le cancer dépasse la sphère médicale : elle devient un projet de société, où chaque initiative associative se combine à la stratégie nationale pour protéger, accompagner et sensibiliser l’ensemble de la population.
Par : Aly D










