Après une année 2025 marquée par des performances exceptionnelles, la wilaya de Jijel ambitionne de consolider et d’élargir ses exportations de produits de la mer pour 2026. La levée des barrières sanitaires et l’obtention de labels de qualité internationaux ouvrent désormais de nouvelles perspectives sur les marchés européens, porteurs d’une demande croissante pour les espèces locales à forte valeur ajoutée.
Le succès de l’an dernier sert de véritable tremplin. Selon le directeur de la Pêche et des Ressources halieutiques, plusieurs unités de production ont décroché les agréments sanitaires et les certificats de conformité aux normes internationales, permettant à la wilaya de bâtir des projections ambitieuses pour cette année. Les acheteurs étrangers, Italiens et Espagnols en tête, se tournent surtout vers des espèces de luxe, parmi lesquelles la cigale de mer, le homard, la rascasse et le mérou.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, Jijel a exporté 14.955 kg de poissons frais vers l’Italie, contre seulement 2.454 kg l’année précédente. Une progression fulgurante qui traduit la montée en gamme de la production locale et la reconnaissance croissante de sa qualité sur le marché international.
L’année écoulée a également été marquée par une santé économique insolente du secteur. La production globale a atteint 6.875 tonnes, soit une hausse de 45% par rapport à 2024, enregistrant le niveau le plus élevé depuis 2012. Cette performance repose en grande partie sur l’abondance des petits poissons pélagiques (sardine, allache, saurel) durant l’été 2025. Les seuls mois d’août et septembre ont représenté 56% de la production annuelle, entraînant une stabilisation salutaire des prix autour de 350 DA/kg à la consommation.
Le paysage maritime de Jijel compte aujourd’hui 392 navires, dont 251 en activité, employant près de 2.300 marins. Pour dynamiser ce secteur stratégique, la direction multiplie les mesures de soutien : neuf licences ont été accordées en 2025 pour renouveler les vieilles embarcations, tandis que le nombre total de licences de pêche a atteint 919 unités, dont 235 pour la pêche artisanale. La formation n’est pas en reste : 120 marins qualifiés et 45 patrons de pêche côtière ont suivi des stages pratiques avec les écoles de Collo et d’El Kala.
Côté social, plus de 3.200 examens médicaux ont été réalisés pour les marins, tandis que la régularisation de 62 dossiers de retraite (carrières antérieures à 2013) a été rendue possible grâce à une coordination efficace entre la CNAS et la CNR. Par ailleurs, une étude socio-économique a permis de classer officiellement 8 sites d’échouage sur 9 proposés, structurant ainsi la pêche artisanale traditionnelle et sécurisant l’activité des pêcheurs locaux.
Pour le directeur du secteur, tous les voyants sont au vert. Jijel s’affirme désormais comme un pôle halieutique stratégique, prêt à diversifier ses exportations et à conquérir de nouveaux marchés internationaux en 2026, faisant de la wilaya un acteur incontournable de la pêche méditerranéenne.
Par : Amina A.









