Ce qui aurait pu marquer une phase opérationnelle importante vire à la déflagration silencieuse. Réuni le 13 juillet, le wali, Abdelkader Djellaoui, a présidé une séance de travail consacrée à la coordination intersectorielle autour de la réalisation de 9.000 logements AADL, répartis sur plusieurs sites, mais dont la vaste majorité est prévue à Kalitoussa.
Malgré la participation d’une quinzaine de responsables administratifs à la réunion technique, allant du directeur du Logement à celle de l’Urbanisme, en passant par les représentants de l’AADL et des services de sécurité, la colère citoyenne a rapidement envahi les réseaux sociaux. Pour les souscripteurs, le message est limpide : on les exclut géographiquement, socialement et économiquement.
Kalitoussa est perçue non comme un pôle d’avenir, mais comme une zone périphérique sans infrastructures, sans transports, et surtout sans lien avec les lieux de travail des bénéficiaires potentiels. “On paye 120 DA pour une course en taxi collectif!”, dénonce un internaute. Un autre s’indigne : “Même les bidonvilles coloniaux n’étaient pas aussi loin.”
Plusieurs commentaires, virulents, dénoncent un déni des engagements ministériels, notamment l’instruction de rapprocher les sites AADL des centres d’activités. “Pourquoi laisser en friche les terrains de la périphérie d’El Bouni, Sidi Amar ou Boukhadra, pour aller jeter des milliers de familles aux confins de Skikda?”
À travers Kalitoussa, c’est la mémoire d’autres délocalisations récentes qui refait surface, comme à Draâ Errich, où la “ville nouvelle” est devenue un synonyme d’isolement, de déficit chronique en services publics et désillusions profondes.
Loin d’apaiser les attentes, le programme AADL3, dans sa version actuelle, semble raviver le fossé entre technocratie décisionnelle et réalités vécues. Un projet de logement, pour réussir, doit intégrer les logiques de mobilité, d’accessibilité économique et de viabilité sociale. Kalitoussa, selon ses opposants, n’incarne rien de tout cela.
Sans clarification urgente, ni prise en compte des doléances, ce projet pourrait déborder du numérique vers la rue. Le logement est une promesse : encore faut-il qu’il ne devienne pas, pour les citoyens, une sentence d’éloignement et d’abandon.
Par : Mahdi AMA












