Du 21 au 28 février, le Mapping Festival Algiers a transformé le Musée public national du Bardo en véritable scène dédiée aux arts numériques. Première manifestation internationale consacrée à l’art du mapping dans le pays, le festival a proposé une immersion spectaculaire dans un univers où images, lumière et architecture dialoguent pour réinventer le regard porté sur le patrimoine.
Mais au-delà de la prouesse artistique et technologique, c’est l’affluence exceptionnelle du public qui a marqué cette édition. Devant le musée, les files d’attente se sont formées dès les premières heures de la soirée, rassemblant jeunes, familles, étudiants et simples curieux venus découvrir une forme d’expression encore peu répandue en Algérie.
Une telle mobilisation autour d’un événement culturel demeure suffisamment rare pour être soulignée. Elle traduit une soif de découverte et une appétence croissante pour les expériences artistiques innovantes. Loin des idées reçues sur un prétendu désintérêt pour la culture, ces soirées ont révélé un public attentif, enthousiaste et fier de voir un lieu patrimonial investi par la création contemporaine.
En habillant les façades du Bardo de projections monumentales, le mapping a offert une nouvelle lecture du site, à la croisée de la mémoire et de l’innovation. Le patrimoine n’a pas été figé ; il a été mis en mouvement, réinterprété et partagé avec une génération familière des images numériques.
Cette affluence ne constitue pas seulement le succès d’un festival. Elle envoie un signal fort : la culture peut rassembler, fédérer et susciter l’adhésion bien au-delà des cercles habituels. Elle rappelle que l’élévation de l’Algérie passera aussi par l’art, par l’ouverture et par la valorisation de son histoire autant que par l’encouragement de ses talents.
L’image de ces longues files d’attente devant un musée dépasse l’anecdote. Elle incarne une société qui aspire à la connaissance, à la créativité et à une plus grande place pour la culture dans l’espace public.
Par : Aly D






