Alors que l’Algérie célèbre, le 16 avril de chaque année, la Journée nationale du Savoir, censée honorer la science et ceux qui la portent, une autre réalité se dessine à Oum El-Bouaghi : celle de nombreux titulaires de doctorat qui se retrouvent aujourd’hui marginalisés, loin des amphithéâtres et des laboratoires où leurs compétences devraient pourtant être mises à profit.
Ces diplômés, formés au terme d’un long parcours universitaire, ne sont pas présents dans les universités pour enseigner ou contribuer à l’avancement de la recherche scientifique. Ils se retrouvent plutôt contraints de revendiquer ce qu’ils considèrent comme un droit légitime : une chance équitable d’accéder à un emploi et de participer au développement académique et scientifique du pays.
Derrière chaque doctorat se cachent des années d’efforts, de sacrifices et de persévérance. Des nuits consacrées à la recherche, des travaux scientifiques exigeants et un engagement constant pour atteindre le plus haut niveau de qualification universitaire. Pourtant, pour beaucoup d’entre eux, ce parcours se termine par des listes d’attente interminables et un espoir qui s’effrite progressivement.
Cette situation soulève également la question de la valorisation du potentiel scientifique national. Les titulaires de doctorat représentent en effet une richesse intellectuelle stratégique, capable de contribuer à l’innovation, à la production scientifique et à l’amélioration de l’enseignement supérieur. Leur marginalisation constitue non seulement une injustice individuelle, mais également une perte collective pour la société et pour l’avenir de la recherche scientifique.
Dans un contexte où les universités et les centres de recherche ont besoin de compétences qualifiées pour relever les défis du développement, laisser ces talents en marge revient à priver le pays d’un levier essentiel de progrès.
Face à cette situation, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler à des solutions concrètes et rapides, permettant l’intégration de ces diplômés dans les institutions universitaires et les structures de recherche. Pour ces doctorants, la reconnaissance de leurs compétences et l’accès à des opportunités professionnelles ne représentent pas seulement une revendication personnelle, mais également une nécessité pour renforcer le système scientifique et universitaire national.
La question demeure posée : combien de temps encore cette hémorragie silencieuse du potentiel scientifique continuera-t-elle ? Pour beaucoup, l’urgence est désormais de transformer les discours en actions afin que celles et ceux qui ont consacré leur vie à la science puissent enfin trouver leur place au service du savoir et du développement.
Par : Hamoudi Chebout












