Il y a soixante ans, le 3 octobre 1966, le destin a cruellement brisé la composante administrative de la Jeunesse Sportive de Djidjelli (JSD), avec la disparition de deux chevilles ouvrières du club en ces années d’après l’indépendance.
Deux dirigeants tués dans un tragique accident, au retour de la ville de Mostaganem où la JSD venait d’affronter l’équipe locale de l’ESM, défaite sur son terrain sur le score de 4 buts à 2. C’est du côté de Bouira que les deux figures du club, en l’occurrence Abdelkader Aberkane dit Âami (1919-1966) et Salah Lamri dit « Khali » (1910-1966) ont perdu la vie dans un tragique accident de la route.
La nouvelle avait fait l’effet d’une bombe, et particulièrement au sein des dirigeants, joueurs et supporters de la JSD, tant l’émoi était à son comble. Ceux qui les ont connus louent leur talent, l’esprit d’équipe et leur complicité dans l’accomplissement de leurs tâches à la direction du club. Ils étaient accompagnés de trois autres personnes, le dirigeant Djamel Djemame, le joueur Mourad Lehtihet et le supporter Hocine Mesdour. Tous trois furent blessés, mais eurent la vie sauve. Mourad Lehtihet, plus grièvement atteint, resta notamment plongé dans le coma pendant 21 jours.
Né en 1919 à Jijel, Abdelkader Aberkane, intégra jeune les rangs de la JSD qu’il ne quittera qu’à sa disparition. En mai 1944, il est appelé à la Sélection de la Division de Constantine, et sera un des piliers de la JSD en compagnie notamment de Hamou Benkinouar. Comme ce dernier, il sera à plusieurs reprises sélectionné par la Ligue de Constantine de Football avec notamment d’autres joueurs du club comme Baha et Taffer. Il a notamment joué la demi-finale du Championnat d’Afrique du nord, contre le Sporting Club de Bel Abbes, rencontre qui s’est soldée par défaite des jijéliens sur le score de 3 buts à 2. Aberkane a eu parfois à assumer la fonction d’entraîneur et joueur en même temps.
En 1957, à cause de ses activités militantes, il est interné au camp d’El Djorf dans l’actuelle wilaya de M’Sila. Le hasard de la vie a fait qu’il retrouvera dans ce camp des enfants de Jijel, à l’instar de Mohamed Aïssaoui, Mouloud Hadji et d’autres nommés par leurs prénoms, Si Belkacem et Si Ferhat.
Après l’indépendance, il renoua avec son amour de toujours, la JSD. Salah Lamri, était tailleur de profession, a été membre fondateur de la JSD en 1936 dont il sera désigné comme assesseur à l’issue de l’Assemblée constitutive et celles de 1937, 1938 et 1939. Après la fin de la 2ème Guerre mondiale, il est assesseur en 1947, et vice-président en 1949 à 1953, selon les données disponibles. Il a aussi embrassé une carrière d’arbitre au sein de la ligue de Constantine. Des hommes mus par leur engagement, leur passion et leur dévouement pour leur club de toujours, pour lequel ils ont apporté leurs modestes pierres pour édifier ce monument qui a soufflé cette année sa 90ème bougie.
Par : Riad H.











