L’histoire de la petite Nihed Bousbia, unique élève d’une école primaire nichée dans la commune d’El Ancer, suscite une vive émotion au sein de l’opinion publique. Mais au-delà de l’image singulière de cette scolarité hors norme, l’affaire prend aujourd’hui une tournure administrative préoccupante, soulevant des inquiétudes familiales et des interrogations sur l’avenir de l’établissement.
Au cœur de mechta Akhrat, l’école martyr Bousbia M’barek offre un spectacle surréaliste : Nihed y poursuit seule ses études, encadrée par une équipe éducative et administrative au complet — un directeur, deux enseignants, un cuisinier et un gardien mobilisés pour une seule fillette. Un dispositif d’exception qui semble aujourd’hui compté.
Dans une vidéo devenue virale, Hamza Bousbia, le père de Nihed, a lancé un appel direct au wali de Jijel. Le déclencheur ? L’impossible inscription de son second fils, Mohamed Zakaria, sur la plateforme numérique « Espace Parents ». Le nom de l’école n’y figurait simplement plus parmi les choix disponibles.
Face à ce blocage, le père de famille a sollicité les autorités locales : « J’ai contacté le président de l’APC d’El Ancer, la cheffe de daïra et la direction de l’éducation de la wilaya de Jijel, sans parvenir à une solution pour inscrire mon fils dans l’école proche de chez nous », explique-t-il.
L’alternative avancée par l’administration impose de scolariser le jeune garçon dans un autre établissement situé à près de trois kilomètres, accessible par une piste forestière isolée. Selon les propos du père, la cheffe de daïra lui aurait signifié la décision : l’école actuelle fermera définitivement ses portes dès que Nihed aura achevé son cursus.
Une logique d’aménagement qui passe mal auprès des riverains. Hamza ne comprend pas pourquoi des travaux de rénovation y ont été récents si la fermeture était déjà programmée, réclamant toute la lumière sur la gestion des deniers publics alloués à l’établissement.
En appelant à l’intervention du wali de Jijel, la famille espère avant tout un sursaut des autorités politiques et de la direction de l’éducation.
Car au-delà du casse-tête administratif, l’histoire de Nihed reste une formidable leçon d’égal accès au savoir : celle d’une République capable de mobiliser tout une équipe pédagogique pour le seul sourire et l’avenir d’une petite fille.
Un investissement humain exceptionnel qui mérite d’être préservé, pour que le jeune Mohamed Zakaria puisse, lui aussi, reprendre le flambeau et faire vivre encore longtemps l’école de son village.
Par : Amina A.











