Sur les hauteurs de Guelma, l’ancienne Calama révèle un patrimoine antique d’une richesse exceptionnelle. Théâtre, thermes, cités satellites et traces urbaines racontent l’ascension d’une ville majeure de l’Afrique du Nord, aujourd’hui inscrite dans les itinéraires de Augustin d’Hippone.
Des origines numides à l’essor impérial
Bien avant Rome, la cité portait le nom de Malacca et occupait déjà une place importante sous le règne de Massinissa. Des inscriptions libyques mises au jour attestent d’une occupation ancienne, antérieure aux influences carthaginoises et romaines. Le nom de Calama, probablement d’origine phénicienne, apparaît ensuite dans les sources latines.
L’historien Salluste rapporte que la région fut le théâtre des affrontements entre Jugurtha et les troupes romaines. En 110 avant notre ère, non loin de l’actuelle Guelma, Jugurtha inflige une défaite au propréteur Aulus Postumius Albinus lors du siège de Suthul.
À partir du Ier siècle, Calama s’impose comme un centre urbain majeur. La ville est élevée au rang de municipe sous l’empereur Trajan et bénéficie du patronage de Vibia Aurelia Sabina. Elle s’inscrit alors dans un réseau prospère aux côtés de Sitifis et Hippo Regius, participant à l’approvisionnement de Rome en céréales durant les IIe et IIIe siècles.
Théâtre, thermes et art de vivre
Au cœur de la cité, les vestiges du théâtre témoignent de l’importance de la vie publique et culturelle. Construit selon les standards de l’Empire, il accueillait spectacles et rassemblements. À proximité, les thermes révèlent un art de vivre fondé sur l’hygiène et la sociabilité, caractéristiques d’une ville structurée.
Dans la région, d’autres sites prolongent cette immersion. À Héliopolis, la piscine de Hammam Berda illustre la maîtrise des techniques hydrauliques. Les ruines de Thibilis, quant à elles, conservent les traces d’une organisation urbaine complète, avec inscriptions et vestiges encore visibles.
Aujourd’hui, Guelma offre bien plus qu’un simple regard sur le passé. L’ancienne Calama se découvre comme un territoire où l’histoire antique demeure lisible à chaque étape. Théâtre, thermes, cités voisines et vestiges urbains composent un paysage unique en Algérie, invitant à parcourir une mémoire encore vivante.
Par : A.D












