La scène politique nationale semble s’animer au fur et à mesure que les prochaines échéances électorales approchent. C’est dans moins d’une année, dans près de sept mois plus précisément, que les élections législatives devront avoir lieu, alors que les «locales» interviendront quelque cinq mois plus tard.
S’il n’y avait pas de doute quant la participation des partis de la «majorité présidentielle» et même de ceux du courant islamiste qui n’ont pas pour habitude de «boycotter» des rendez-vous électoraux, le suspense était maintenu pour ce qui est des partis de la mouvance démocratique qui, faut-il le rappeler, ont majoritairement fait l’impasse sur la précédante élection législative.
Or, cette fois-ci, le contexte ayant changé, plusieurs de ces formations politiques se dirigent vraisemblablement vers la participation au rendez-vous du mois de juin prochain. A cet effet, deux partis politiques de l’opposition se sont exprimés sur la question durant ce week-end. Il s’agit du Front des forces socialistes (FFS) et du Parti des travailleurs (PT).
Lors de son allocution d’ouverture de la session ordinaire du Conseil national du FFS, qui s’est tenu vendredi dernier, Youcef Aouchiche, Premier secrétaire national du parti, a plaidé pour la participation aux prochaines échéances électorales. «Une mobilisation citoyenne consciente, lucide et organisée, à l’occasion des prochaines élections législatives et locales, peut marquer le point de rupture entre la politique de la force et la force de la politique», a-t-il déclaré, à ce propos, soulignant que « le pays a besoin d’assemblées élues différentes : des assemblées qui parlent réellement au nom du peuple, qui contrôlent le pouvoir exécutif, qui défendent la justice, qui pensent la réforme dans le seul intérêt national».
«Alors, voulons-nous nous mettre à l’écart et subir, ou nous impliquer et construire ? Ce système se nourrit de la politique de la chaise vide, de notre démission collective et de notre indifférence, qui constituent ensemble une abdication de la responsabilité citoyenne et civique», a-t-il ajouté, faisant remarquer que «l’histoire ne s’écrit pas avec le renoncement, mais avec l’implication effective dans la construction de notre destin commun».
Après le FFS, le PT appelle ses militants à la mobilisation
Le lendemain, samedi, à l’occasion d’une rencontre régionale pour les wilayas du centre, tenue à Mohammadia, à Alger, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, est allé dans le même sens en appelant les militants de la formation politique qu’elle dirige «à se mobiliser» dans le but d’ «arracher le maximum de sièges» lors des prochaines élections législatives et ce afin de «contribuer à la prise de décision» allant dans le sens, entre autres, de la préservation des acquis sociaux.
Hanoune a rappelé, à cette occasion, le parcours du parti et sa contribution sur le plan législatif de 1997 à 2019. En somme, il est clair que tout comme le FFS, le PT se dirige vers la participation aux prochains rendez-vous électoraux. Pour l’heure, seul le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ne s’est pas encore prononcé sur la question. Il est à rappeler que ces trois formations politiques avaient boycotté l’élection législative de 2021 qui est intervenue dans le sillage du référendum constitutionnel de 2020.
Un rendez-vous qui devait se tenir en 2022 mais qui a été avancé sur décision du président de la République. Dans le contexte du Hirak, les partis qui ont rejeté l’élection présidentielle de 2019 sont majoritairement restés sur la même position, boycottant donc cette élection législative de 2021 remportée par le Front de libération national (FLN). L’élection n’avait toutefois attiré que 23% des votants. Aujourd’hui, le contexte ayant changé, et après avoir fait le bilan de la non-participation au rendez-vous passé, les partis de l’opposition semblent privilégier cette fois-ci la participation.
Par : Elyas Abdelbaki










