La ruelle Ibn Khaldoun (ex-Gambetta) a pris, hier encore, des allures de baromètre économique. Pour la première fois à Annaba, 100 Euros se sont échangés à plus de 28.300 DA. Une poussée brutale, près de 1.000 DA en trois jours, qui s’explique par un déséquilibre désormais assumé : trop peu d’offre, trop de demandes concurrentes.
Sur place, les changeurs parlent d’un marché «asphyxié» par les besoins des commerçants qui partent s’approvisionner à l’étranger, attirés par les remises de fin d’année. À cela s’ajoutent les particuliers cherchant à financer un voyage, un achat de véhicule ou simplement à sécuriser un capital en devises. L’approche du Nouvel An entretient la tension : certains accumulent déjà des billets pour les revendre plus cher à la veille des congés.
Dans ce marché parallèle devenu pivot, les prix se font et se défont à la minute. Et pendant que l’Euro grimpe, le dinar tunisien suit la même trajectoire, flirtant avec 8.000 DA pour 100 DT. Une dynamique qui souligne, une fois de plus, l’ampleur du fossé entre le cours officiel et la réalité vécue dans les rues d’Annaba.
Par : Mahdi AMA












