La Centrale syndicale hausse le ton envers les atteintes à l’exercice syndical et au droit de grève. Tout en « saluant » les décisions annoncées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, relatives aux nouvelles augmentations des salaires, l’allocation de chômage et les bourses d’étudiants, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a plaidé pour « l’instauration d’une culture de dialogue social », et a dénoncé « le non-respect du droit syndical dans certains secteurs».
L’UGTA a, à ce titre, réclamé, dans sa déclaration finale sanctionnant les travaux de la réunion des secrétaires généraux des unions de wilayas et des fédérations nationales, réunis avec le secrétariat national à Zéralda, le 30 septembre dernier (la déclaration finale de quatre pages a été publiée sur les réseaux sociaux le 2 octobre 2025) l’annulation des décisions administratives arbitraires prises à l’encontre de certains travailleurs et dit souhaiter l’acquittement de l’ancien secrétaire général de la Fédération des chemins de fer, Lounis Saïdi, aujourd’hui en prison.
« C’est dans cette optique que les secrétaires généraux des unions de wilaya et des fédérations nationales expriment leur profonde conviction que les atteintes à la liberté d’exercice du droit syndical dans certains secteurs, notamment ceux des chemins de fer, des ports, des finances, de l’information, de l’agriculture, de l’industrie et de l’enseignement supérieur, ne favorisent pas l’instauration d’une culture du dialogue social ni la sérénité des relations professionnelles », a estimé l’UGTA.
« Les atteintes flagrantes au libre exercice du droit syndical, le refus d’appliquer les décisions de justice rendues en faveur des travailleurs et des syndicalistes au nom du peuple, ainsi que les condamnations des syndicalistes pour des faits liés à l’exercice de leur droit syndical, sont le reflet d’un défaut de dialogue social et ne favorisent pas la paix sociale », a ajouté la Centrale dans cette déclaration évoquant, pour la première fois, ces toutes dernières années, les « atteintes à l’exercice du droit syndical ».
De l’attentisme à l’action
A ce titre, les membres réunis ont demandé « une issue positive se traduisant par l’acquittement de l’intéressé, lors du procès en appel du frère Saïdi, ex-secrétaire général de la fédération des chemins de fer, prévu pour la semaine prochaine », « l’annulation des décisions administratives abusives de certains employeurs portant atteinte au droit syndical » et « l’application des décisions de justice définitive rendues en faveur des syndicalistes et des travailleurs ».
Il est à rappeler, à cet effet, que Lounis Saïdi, avait été arrêté le 3 juillet dernier, avant d’être condamné, le 17 du même mois, à deux années de prison ferme.
La fédération des chemins de fer avait déposé fin juin un préavis pour une grève qui devait commencer le 7 juillet pour des motifs en lien avec des revendications socio-professionnelles entre autres.
Après son arrestation, le secrétariat de la fédération en question avait « remplacé » son secrétaire général et a annulé le préavis de grève.
L’arrestation du syndicaliste avait fait réagir quelques formations politiques, dont le Parti des travailleurs (PT). Mais, c’est la première fois que la Centrale syndicale, à laquelle est affiliée la Fédération des chemins de fer, s’exprime publiquement sur le sujet.
L’UGTA a joint donc sa voix à celle des syndicats autonomes, notamment de la Confédération des syndicats algériens (CSA), qui ne cessent de dénoncer les « atteintes à l’exercice syndical ».
A noter, en dernier lieu, que durant cette réunion du 30 septembre dernier, il a également été décidé, au sein de l’UGTA, de créer « dans un délai d’une semaine d’une commission de réflexion sur la révision des lois 23-02 (exercice du droit syndical, NDLR) et 23-08 (règlement des conflits collectifs de travail, NDLR), une nécessité pour garantir la promotion de l’exercice du droit syndical » et de réactiver « la commission de réflexion et d’élaboration des propositions de l’UGTA relatives aux statuts des corps communs de la fonction publique ».
En somme, l’UGTA est, semble-t-il, décidée à réoccuper le terrain de la contestation syndicale, notamment en se penchant sur les lois 23-02 et 23-08 qui ont été contestées par la majorité des syndicats autonomes.
Par : Elyas Abdelbaki








