La Chambre nationale des commissaires aux comptes, à travers son conseil, a ouvert un dossier jugé sensible, relatif à l’usurpation du titre de comptable et à l’exercice d’activités comptables et d’audit en dehors du cadre légal.
La Chambre nationale des commissaires aux comptes a entamé la mise en œuvre de mesures décisives visant à assainir la profession comptable. Parmi les actions engagées figurent le renforcement du contrôle du critère d’intégrité, l’instauration d’une formation obligatoire et la réactivation du suivi des casiers judiciaires, dans le cadre d’une réforme globale destinée à fermer les brèches d’usurpation de fonction et à rétablir la discipline dans le secteur, rapporte le quotidien Echorouk dans son édition d’hier.
Ces démarches s’inscrivent, ajoute la même source, dans un processus accéléré visant à permettre à l’Algérie de sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), en garantissant des rapports financiers plus transparents, capables de renforcer l’attractivité des investissements et d’intégrer les flux de l’économie informelle dans les circuits officiels. Dans ce contexte, la Chambre nationale, à travers son conseil, a ouvert un dossier jugé sensible, relatif à l’usurpation du titre de comptable et à l’exercice d’activités comptables et d’audit en dehors du cadre légal. Une initiative ferme qui marque l’entrée de la profession dans une nouvelle phase de rigueur, parallèlement à la préparation de profondes réformes législatives, précise Echorouk.
Selon des documents consultés par le quotidien arabophone, les investigations à ce sujet ont dépassé le stade du simple diagnostic pour atteindre une phase avancée, caractérisée par un resserrement de l’étau autour des pratiques illégales et le verrouillage des failles exploitées jusque-là pour contourner la réglementation. Aussi, cette dynamique s’inscrit dans une vision nationale qui tend à réorganiser les professions financières sensibles, notamment celle de commissaire aux comptes, considérée comme un pilier de la transparence et de la régulation des transactions économiques.
Dans ce cadre, il est question d’une tolérance zéro envers les pratiques illicites, au regard des engagements internationaux de l’Algérie pour sortir de la liste grise du GAFI. Engagements qui imposent un contrôle strict des professions liées aux flux financiers ainsi qu’un renforcement de leur indépendance et de leur crédibilité. La même source indique qu’une opération progressive d’assainissement est en cours, avec un réexamen des situations des professionnels inscrits, et la confirmation du critère d’intégrité et de bonne conduite comme condition permanente d’exercice, et non plus comme une simple formalité à l’inscription. Dans le même registre, de nouveaux mécanismes de suivi sont également à l’étude, notamment l’actualisation périodique du casier judiciaire, conditionnée au maintien de l’inscription dans les registres professionnels.
Fermeté accrue
En profondeur, ces mesures traduisent une volonté claire de fermer les « portes dérobées » ayant favorisé l’expansion du phénomène d’usurpation de fonction, que ce soit par l’exercice sans agrément légal ou par l’exploitation de lacunes réglementaires. La phase actuelle se distingue ainsi par une fermeté accrue, souligne Echorouk, excluant toute pratique en dehors des cadres officiels, dans l’attente de l’aboutissement des réformes législatives en préparation. Cette orientation devrait, in fine, avoir un impact direct sur l’amélioration du climat des affaires en Algérie, en renforçant la confiance des investisseurs dans la fiabilité des états financiers.
Et ce, en consolidant la transparence des transactions économiques et en soutenant les efforts de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale. Parallèlement, la Chambre nationale poursuit ses efforts pour promouvoir la culture de la formation continue. Elle appelle ainsi les professionnels à s’engager pleinement dans le programme national de formation continue, soulignant que la phase actuelle exige un haut niveau d’engagement et de responsabilité.
Par : Akram Ouadah









