L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud a annoncé, hier, avoir été condamné à trois ans de prison ferme par le tribunal d’Oran, assortis à une amende de 5 millions de dinars, dans une affaire liée à son roman Houris, publié en 2024. Selon ses déclarations publiées sur le réseau X, cette condamnation fait suite à une procédure engagée par des associations de victimes du terrorisme, qui reprochent à l’ouvrage de porter atteinte à la mémoire des victimes de la décennie noire en Algérie.
Le procès s’est tenu le 7 avril dernier, a précisé Kamel Daoud. Lors de ce procès, les plaignants ont dénoncé des représentations littéraires qu’ils estiment incompatibles avec le respect dû aux souffrances vécues durant les années de terrorisme. Son ouvrage, récompensé du prix Goncourt en 2024, est un roman sombre se déroulant en partie à Oran et racontant le destin d’Aube, une jeune femme muette depuis qu’un islamiste lui a tranché la gorge en 1999.
Après la publication de l’ouvrage, la victime, Saâda Arbane, a accusé l’auteur d’avoir volé son histoire tragique pour en faire le cœur de l’intrigue. Elle était suivie par l’épouse de l’écrivain, la psychiatre Aïcha Dahdouh, à l’hôpital d’Oran depuis 2015.
« A trois reprises, a-elle affirmé au Monde en 2025, dans un entretien réalisé par visioconférence, Kamel Daoud et sa femme m’ont demandé le droit d’utiliser mon histoire. J’ai refusé à chaque fois. » Se sentant trahie, Saâda Arbane avait lancé deux procédures judiciaires, l’une en Algérie pour « violation du secret médical », l’autre en France pour « atteinte à la vie privée ». Kamel Daoud est en outre visé par deux mandats d’arrêt internationaux émis en mai 2025.
Par : Akram Ouadah









