Dans une initiative à forte portée symbolique, la députée franco-algérienne Sabrina Sebaihi, membre du groupe écologiste au sein du Nouveau Front populaire (NFP), a annoncé le dépôt d’un projet de loi visant à restituer à l’Algérie le canon historique « Baba Merzoug », également connu sous le nom de « La Consulaire », actuellement conservé en France.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large de débats persistants autour des questions mémorielles entre Alger et Paris, notamment celles liées au patrimoine transféré durant la période coloniale. Elle intervient également dans un climat politique où les dossiers historiques entre les deux pays demeurent sensibles et régulièrement relancés par des initiatives parlementaires ou diplomatiques.
Une initiative au nom de la « justice historique »
Dans une publication sur le réseau social « X », la députée a défendu son initiative en la présentant comme une contribution à la « justice historique » et à la nécessaire révision de certains héritages symboliques encore présents dans les relations bilatérales.
Elle estime que le maintien du canon « Baba Merzoug » en France relève d’une logique héritée du passé, qu’elle juge incompatible avec la construction de relations équilibrées et tournées vers l’avenir. Dans ses propos, elle a notamment déclaré : « On ne peut pas bâtir l’avenir sur des souvenirs de guerre… Cette question est étroitement liée aux enjeux de mémoire et de justice historique. »
Sabrina Sebaihi insiste également sur le fait que la mémoire historique ne devrait pas rester « à sens unique », une critique implicite de certaines positions françaises, notamment celles défendues par des courants politiques opposés aux restitutions patrimoniales.
Le canon « Baba Merzoug », un symbole chargé d’histoire
Le canon « Baba Merzoug », connu aussi sous l’appellation de « La Consulaire », occupe une place importante dans l’histoire maritime de l’Algérie. Les historiens le considèrent comme l’un des symboles majeurs de la puissance défensive d’Alger durant la période ottomane, notamment dans la protection des côtes de la capitale.
Après la chute d’Alger en 1830, l’objet aurait été transféré vers la France, où il est aujourd’hui conservé au port de Brest, en tant que témoignage historique lié à la période coloniale.
Au-delà de sa dimension militaire, ce canon est devenu au fil du temps un symbole fort dans les revendications mémorielles algériennes, représentant une partie du patrimoine déplacé durant la colonisation.
Cette nouvelle initiative parlementaire relance le débat sur la restitution des biens culturels et historiques algériens encore conservés en France. Elle s’inscrit dans une série de démarches similaires déjà portées par la députée Sabrina Sebaihi, qui milite régulièrement pour une réévaluation des politiques de mémoire entre les deux pays.
Par : S.A.B.









