La Faculté des sciences de la nature, de la vie, de la Terre et de l’univers de l’Université de Bordj Bou-Arréridj a organisé, hier, une journée de sensibilisation consacrée aux dangers de la drogue sous toutes ces formes et l’addiction. Cette initiative a réuni un large éventail d’acteurs sécuritaires, sanitaires et de contrôle, dans le but de faire face à la recrudescence de la consommation de drogues et du mauvais usage des médicaments et des substances chimiques, notamment en milieu universitaire.
Cette rencontre a été initiée par le service des activités universitaires, en coordination avec le département des sciences biologiques, avec la participation des étudiants en toxicologie. Elle s’est déroulée en collaboration avec plusieurs partenaires-clés, dont la police scientifique, la protection civile, l’association de protection des consommateurs, la direction du Commerce, le laboratoire de contrôle de qualité et de répression des fraudes, ainsi que la direction de la Santé de proximité.
Dr Hicham Mezdour, enseignant-chercheur spécialisé en toxicologie à l’Université El Bachir El Ibrahimi, a souligné que l’organisation de cette journée, coïncidant avec la célébration de la Journée du Savoir, s’inscrit dans le cadre des efforts visant à «élever le niveau de conscience quant aux risques liés aux substances toxiques, qu’il s’agisse de drogues, de médicaments ou même de produits ménagers consommés par toutes les catégories sociales, en particulier les jeunes». Il a ajouté que «la dangerosité de ces substances ne se limite pas à l’individu, mais s’étend à l’ensemble de la société, dans la mesure où la personne dépendante perd son efficacité dans son environnement et peut devenir un élément négatif».
De son côté, Dr Messaoui, directeur du centre intermédiaire de traitement des addictions à Bordj Bou-Arréridj, a révélé que le centre suit actuellement 272 patients de manière régulière, majoritairement des jeunes âgés de 16 à 25 ans, avec une prédominance écrasante des hommes par rapport à quelques cas féminins. Il a précisé que «les substances les plus consommées dans la wilaya sont ce que l’on appelle “Essaroukh”, suivies de la cocaïne et de l’alcool» . Il a également indiqué que le centre offre des séances de dépistage précoce, de désintoxication et de réhabilitation, malgré l’absence de service d’hébergement.
De son côté, le psychologue Amer Walid a expliqué que «les facteurs psychologiques figurent parmi les principales causes de l’addiction, l’individu recherchant un plaisir rapide et temporaire qui se transforme rapidement en souffrance psychique, incluant anxiété, dépression et peur». Et d’ajouter «la prise en charge au centre repose principalement sur une approche psychologique et comportementale, en complément des traitements médicamenteux, avec intérêt particulier sur la thérapie familiale, considérée comme un facteur déterminant dans le processus de guérison», avertissant que «le sevrage brutal peut entraîner des complications graves, d’où la nécessité d’une prise en charge progressive et scientifique».
Par : Aek Djerbah










