L’Algérie renforce les règles en matière d’emprunt externe. Un arrêté ministériel, daté du 17 février 2026 et publié au dernier numéro du Journal officiel, définit précisément les conditions dans lesquelles les prêts étrangers peuvent être sollicités pour des projets d’intérêt national. Ce texte, institue une approche réglementée et sélective, dans la droite ligne de la doctrine gouvernementale concernant la préservation de la souveraineté économique nationale.
Un arrêté, comme précisé dans son article premier, entre dans le cadre de l’application de l’article 201 de la loi de Finances 2025 qui stipule que «le financement de projets d’intérêt national peut être assuré par des institutions financières internationales, bilatérales ou multilatérales, ainsi que par tout autre partenaire financier, sous réserve de l’autorisation préalable du Conseil des ministres» et que «sont du ressort exclusif du ministère des finances, toutes actions portant sur la recherche de financement au profit des projets d’intérêt national, l’identification des bailleurs de fonds potentiels, de même que l’introduction de requêtes auprès de ces derniers».
Ainsi, selon l’arrêté, c’est le ministère des finances qui «assure la préparation et le suivi des procédures relatives au financement extérieur comprenant la prospection des partenaires financiers, la soumission des demandes de financement et la conduite des négociations pour la mobilisation des prêts, en coordination avec les ministères et les institutions publiques concernés».
L’arrêté met aussi l’accent sur la responsabilité des porteurs du projet qui doivent, avant d’en faire une quelconque demande, s’assurer de la maturité du projet en question.
«Les ministères et les institutions publiques concernés par les projets d’intérêt national proposés au financement extérieur engagent leur entière responsabilité quant à la maturité des projets et à la qualité des études produites», stipule l’article 3 de l’arrêté, avant d’ajouter : «Ils sont également responsables de la bonne exécution des projets, dans le respect des coûts, des délais et des objectifs fixés».
En d’autres termes, le financement par la dette extérieure est subordonné à des projets solides, rigoureusement préparés et nécessite l’aval du Conseil des ministres.
Cette nouvelle réglementation s’inscrit ainsi dans le cadre des lignes directrices établies par le président Tebboune qui a déclaré à maintes reprises que le recours aux financements extérieurs ne peut être qu’«exceptionnel et ciblé» et ne peut donc concerner que les projets stratégiques et créateurs de valeur ajoutée.
Par : Elyas Abdelbaki









