La secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a réaffirmé que son parti n’est pas opposé à la supervision des élections par le ministère de l’Intérieur, à condition que son rôle se limite aux aspects organisationnels, sans ingérence dans les résultats.
S’exprimant lors d’une réunion qu’elle a organisée, hier, à Alger avec des dirigeants et des militants du Parti, consacrée à l’état d’avancement des préparatifs des prochaines élections et à l’évaluation des derniers développements de la situation nationale et internationale. La cheffe du PT a souligné que l’enjeu principal réside dans la garantie de l’impartialité des responsables locaux du processus électoral, notamment au regard des modifications apportées aux pouvoirs de la commission électorale. Mme Hanoune a également insisté sur la nécessité de rouvrir les listes électorales aux nouvelles inscriptions, d’assurer la transparence et d’encourager une plus grande participation citoyenne.
Elle a réitéré son appel à une révision de la loi électorale, qu’elle juge restrictive et discriminatoire, générant des conseils municipaux dépourvus de programmes électoraux et nuisant à la représentativité des institutions élues. Dans le même temps, Mme Hanoune a salué le nouveau projet de loi sur les partis politiques, le considérant fondamentalement différent du précédent qui imposait un contrôle administratif strict. Selon elle, ce nouveau texte représente une réelle avancée vers une plus grande liberté d’organisation des partis, malgré certaines incohérences et procédures restrictives qui pourraient être corrigées au Parlement.
Position sur le mouvement social et la grève
Louisa Hanoune a fermement rejeté les appels anonymes à la grève ou aux soulèvements, qu’elle considère majoritairement initiés depuis l’étranger. Elle a appelé à la vigilance et à la prudence, rappelant que seuls les syndicats sont légalement habilités à convoquer une grève, tandis que les partis politiques peuvent soutenir les revendications sociales et les droits des travailleurs sans se laisser entraîner dans des actions non encadrées.
La secrétaire générale a souligné que partis, syndicats et associations constituent des éléments essentiels pour la protection du pays et la résilience nationale. Selon elle, leur existence et leur activité complémentent les missions de l’Armée nationale populaire et des services de sécurité dans la défense de la souveraineté et de l’indépendance du pays.
Politique sociale et gestion économique
Sur le plan social, Mme Hanoune a qualifié d’« excellentes » les décisions du président Abdelmadjid Tebboune relatives aux augmentations de salaires et aux prestations sociales, les considérant comme un témoignage de la volonté de préserver le caractère social de l’État et le pouvoir d’achat des citoyens. Elle a toutefois relevé une contradiction flagrante avec certaines décisions ultérieures, notamment la hausse récente des prix des carburants, imputant au ministère des Hydrocarbures la responsabilité d’avoir créé un climat d’incertitude et de doute malgré les assurances officielles de préservation du pouvoir d’achat.
Situation internationale et sécurité régionale
Mme Hanoune a dénoncé ce qu’elle a appelé « l’entité émiratie », accusée d’alimenter le conflit armé au Soudan, de contribuer à sa fragmentation, et de jouer un rôle dans la désintégration du Yémen et de la Somalie. Elle a mis en garde contre toute tentative de déstabilisation dans la région du Sahel, y compris en Algérie. Elle a également commenté les événements au Venezuela, dénonçant l’enlèvement et le procès du président Nicolás Maduro et de son épouse aux États-Unis, qu’elle a qualifiés d’actes de terrorisme d’État et de crimes orchestrés par des bandes criminelles.
Ouverture politique et médias
La secrétaire générale a conclu son intervention en appelant le président de la République à favoriser l’ouverture des médias et de la sphère politique pour permettre l’expression des préoccupations légitimes de la société. Elle a insisté sur l’importance d’un débat public transparent, afin que les autorités puissent avoir une vision claire de la situation et agir sur les problèmes existants. Mme Hanoune a également réitéré la demande du parti Travailleurs pour une amnistie générale et le retrait de l’accord de partenariat, tout en soulignant la nécessité de lutter contre la manipulation médiatique sur les réseaux sociaux.
Par : S.A.B.








