Irène Lindon, qui a dirigé les Éditions de Minuit après la disparition de son père Jérôme Lindon, est décédée dimanche 7 décembre à l’âge de 76 ans.
Impliquée dans l’édition depuis sa jeunesse, Irène Lindon prend officiellement la direction des éditions de Minuit en 2001. Elle y maintient une production régulière d’une vingtaine de titres par an. Son action s’inscrit dans la continuité de celle de son père, Jérôme Lindon, figure emblématique de l’édition française qui, de 1948 à 2001, a fait de Minuit un espace de résistance intellectuelle et morale. Minuit concentrera à elle seule près de la moitié des saisies concernant les publications critiques sur la guerre d’Algérie.
Pendant la guerre d’Algérie, les éditions, clandestines, de Minuit publient des ouvrages dénonçant la torture et la répression. Ces prises de position lui valent des attentats de l’OAS contre le siège de la maison et son domicile, ainsi que des saisies répétées. Sur vingt-trois livres consacrés à l’Algérie, six seront retirés de la vente et Jérôme Lindon sera le seul éditeur poursuivi devant la justice. Les Éditions de Minuit ont été fondées en 1941, en pleine Occupation, par Jean Bruller et Pierre de Lescure, comme maison clandestine. Le premier succès, Le Silence de la mer de Vercors, publié en 1942, affirme déjà la volonté de publier des textes porteurs de résistance et de conscience. Après la guerre, la maison devient un acteur majeur du Nouveau Roman.
Par : A.D












