Le monde culturel et scientifique algérien vient de perdre une figure singulière. Médecin anesthésiste-réanimateur reconnu, écrivain prolifique et chercheur passionné par l’histoire de la médecine, Mahmoud Aroua s’est éteint, laissant derrière lui un héritage intellectuel riche et une empreinte humaine profonde. Fils du poète Ahmed Aroua, il avait su tracer sa propre voie, à la croisée de la rigueur médicale et de la sensibilité littéraire.
Tout au long de sa carrière, il a mené de front la pratique hospitalière et l’écriture, publiant aussi bien de la poésie que des récits, des nouvelles et des essais. Son parcours littéraire comprend notamment « Fenêtre sur rêves », « Comme un boomerang », « L’Enfant qui ne pleure jamais » et « Ibn Rushd, le médecin », auxquels s’ajoute « Un ange chez Mc Donald’s », révélateur de son univers narratif singulier. Son œuvre explore fréquemment les passerelles entre mémoire, spiritualité et questionnements contemporains.
Présence fidèle des rencontres littéraires, des salons du livre et des débats intellectuels, Mahmoud Aroua était autant lecteur qu’auteur. Ceux qui l’ont côtoyé évoquent un homme discret, persévérant et généreux, attaché à la transmission du savoir et à la valorisation du patrimoine intellectuel.
Son dernier ouvrage, « Ibn Hamadush Al-Djazaïri, le savant solitaire du XVIIIᵉ siècle », paru aux Éditions Casbah lors du 28ᵉ Salon international du livre d’Alger, illustre cette démarche. À travers ses recherches comme dans ses romans, Mahmoud Aroua a constamment interrogé la relation entre le voyage extérieur et la quête intérieure, une thématique qui traverse son œuvre et dialogue avec les récits classiques du monde musulman médiéval.
Avec sa disparition, la littérature algérienne perd une voix attentive à l’histoire et aux mémoires enfouies, tandis que la communauté médicale et culturelle salue un homme de savoir dont l’engagement intellectuel restera une référence.
Par : Aly D









