À chaque coupure, le même réflexe : scruter le robinet, vérifier la pression, patienter. À Didouche Mourad, la crise de l’eau ne relève plus de l’incident ponctuel, mais d’un malaise structurel installé depuis des années. Confrontée à une distribution aléatoire et à des pénuries récurrentes, la commune vient d’annoncer le lancement d’un vaste plan de réhabilitation du réseau d’alimentation en eau potable, en attendant un éventuel raccordement au barrage de Beni Haroun.
Car ici, le problème n’est pas seulement celui du volume disponible. Il est aussi, et surtout, d’ordre technique. L’eau distribuée provient majoritairement de la source de Hamma Bouziane, réputée pour sa forte teneur en calcaire. Au fil des années, les dépôts ont progressivement obstrué les conduites, réduit le débit et fragilisé des installations déjà vieillissantes. Dans certains quartiers, notamment situés en hauteur, la pression devient insuffisante, rendant l’approvisionnement irrégulier, voire inexistant à certaines heures.
Face à cette situation, les autorités locales ont inscrit onze (11) projets prioritaires dans le cadre du programme de soutien au développement social et économique des communes. Les travaux portent sur la réhabilitation et la rénovation complète des réseaux de distribution afin d’assurer un débit plus stable. Au centre de Didouche Mourad, la deuxième tranche des travaux a été lancée. Les quartiers périphériques, tels que Karboua Abdelhamid, Ferkous Saoudi, Erriadh et Neghiche Bachagha, sont également concernés.
Les pôles urbains d’Oued El Hadjar, comprenant les cités 60, 50, 350 et 186 logements, ainsi que ceux de Kaf Salah, avec les cités 245 et 360 logements, figurent parmi les zones ciblées. La partie supérieure du lotissement Boughaba Hassan, les 202 logements et la cité 1er Novembre 1954 bénéficieront aussi d’opérations de remise à niveau. Par ailleurs, une rénovation totale est engagée dans les quartiers Bourcherouch et Dangly.
Malgré ces efforts, une partie de la population estime que la solution durable passe par un changement de source d’approvisionnement. Les représentants des habitants plaident pour l’octroi d’une quote-part des eaux du barrage de Beni Haroun, considérées comme moins chargées en calcaire et donc moins corrosives pour les infrastructures. Les capacités de stockage existent déjà : le réservoir de Djebel Ouahch, d’une capacité de 25.000 m³, est opérationnel, tout comme celui d’El Khafji, de même volume.
Reste désormais la décision des autorités de la wilaya de Constantine. À Didouche Mourad, l’attente est palpable. Les chantiers engagés suscitent un espoir mesuré, mais les habitants aspirent à une solution définitive qui mettrait un terme à des années de désagréments. Car au-delà des chiffres et des projets, c’est le quotidien de milliers de familles qui se joue derrière chaque goutte d’eau.
Par : Amina A.






