Dans de nombreuses villes algériennes à fort potentiel touristique, un constat s’impose : les boutiques de souvenirs sont tout simplement absentes, celles qui existent n’offrent qu’un maigre panel de l’artisanat national, pire elles entassent pacotilles et chiffons.
À Annaba, par exemple, les visiteurs repartent souvent sans rien à offrir ni à conserver, faute de lieux où se procurer des objets marquant leur passage. Aucune céramique locale, aucune création artisanale de qualité ou spécialité du terroir à glisser dans une valise. Un manque qui en dit long sur la manière dont est pensée, ou oubliée, l’expérience touristique dans nos villes.
Ces objets qui racontent un territoire
Le tourisme ne se résume pas à l’hébergement et à la restauration. Il repose sur un ensemble d’éléments qui participent à l’enrichissement du voyage : les visites, les rencontres… mais aussi les souvenirs. Ces derniers sont bien plus que de simples objets : ils sont le prolongement d’un séjour, le reflet d’un territoire, le vecteur d’une culture.
Dans les destinations touristiques structurées, les boutiques de souvenirs sont présentes partout : dans les centres-villes, les marchés, les gares, les musées. Elles proposent des produits variés – artisanat, produits du terroir, éditions locales, objets usuels – qui permettent aux visiteurs de ramener un petit bout de leur voyage. Cela génère non seulement des revenus directs, mais renforce aussi l’image de la destination.
L’exemple des musées : une pratique universelle à adopter
Dans les musées du monde entier, les boutiques sont devenues un prolongement naturel de la visite. On y trouve des livres, des reproductions d’œuvres, des objets inspirés des collections, des spécialités locales. Ces espaces ne sont pas de simples points de vente : ils sont des relais culturels, des vitrines du patrimoine local, des sources de revenus pour les institutions. En Algérie, très peu de musées disposent de telles boutiques. Pourtant, leur création permettrait de renforcer le rôle du musée dans la valorisation de la culture locale, tout en offrant un service apprécié par le public. Cela suppose une volonté de professionnaliser la gestion de ces espaces.
Un tiers du budget consacré aux achats de détail
Dans le monde, environ un tiers du budget touristique est consacré aux achats de détail. Or, sans lieux identifiés pour acheter des produits locaux ou symboliques, cette manne échappe aux acteurs locaux. Il revient aux collectivités locales et aux institutions culturelles de jouer un rôle moteur dans cette structuration. Trop souvent négligée, la question des souvenirs touristiques est en réalité un indicateur du sérieux et de la maturité d’une destination. Il ne suffit pas de construire des hôtels ou de restaurer des monuments pour espérer développer le tourisme. Encore faut-il créer une véritable « expérience de destination », qui inclut l’hébergement, les activités, les produits à découvrir… et les souvenirs à rapporter.
Par : Aly D









