Ce mardi, au siège de la wilaya, le chef de l’Exécutif a présidé la réunion de la Commission consultative chargée d’approuver la première phase de l’étude préparatoire du «plan permanent» destiné à la sauvegarde et à la restauration du secteur préservé de la Vieille ville. La séance a réuni les cadres exécutifs, les représentants des services concernés et des acteurs de la société civile. Le bureau d’études mandaté a exposé, point par point, les aspects techniques et méthodologiques de son diagnostic.
Le constat livré éclaire les priorités opérationnelles. Il recense notamment 5.408 mètres linéaires de voies goudronnées en dégradation moyenne, 5.100 m² de pavé en pierre détérioré et 1.700 m² de «pavage moderne» posés sur l’existant. Du côté des aménagements piétons, 472 m² de trottoirs en bitume et 2.126 m² en carreaux de granite sont signalés partiellement défaillants ; deux escaliers en pavé et sept en béton sont dégradés, et près de 100 zones d’affaissement ont été identifiées, indice de problèmes géotechniques sous-jacents.
La tonalité de l’intervention du wali a levé toute ambiguïté : il a qualifié l’étude de «dernière chance» pour rendre à la Vieille ville sa dignité urbaine et patrimoniale, et a insisté sur la nécessité d’un accompagnement technique permanent pendant toutes les étapes de réalisation. Pour garantir la mise en œuvre, il a demandé l’installation d’une cellule de sécurisation et de suivi regroupant l’ensemble des secteurs concernés, et l’élargissement du champ des consultations aux universitaires, faculté d’architecture et département des antiquités, ainsi qu’aux associations et spécialistes du patrimoine.
Sur le fond, la première phase approuvée consiste essentiellement en un état des lieux détaillé et en la définition d’un schéma d’intervention priorisé : relevés architecturaux, diagnostic structurel des immeubles menaçant ruine, cartographie des servitudes et identification des interventions immédiates nécessaires pour assurer la sécurité des habitants et préserver les éléments patrimoniaux. Ces points ont été explicités lors des présentations du bureau d’études et repris dans les débats qui ont suivi, marqués par des contributions techniques et des remarques issues du terrain.
Ce dossier n’est pas anodin pour Annaba. La Vieille ville, dont l’état de dégradation est documenté depuis plusieurs années, concentre des enjeux multiples : conservation du bâti, sécurité des occupants, cohérence urbaine et valorisation touristique et culturelle. Des analyses et travaux antérieurs ont montré la fragilité des tissus historiques et la nécessité d’une intervention coordonnée qui combine expropriations ciblées, relogement mesuré, restauration conservatoire et relance d’activités économiques compatibles avec la vocation patrimoniale du site.
Le coup d’accélérateur demandé par le wali s’inscrit aussi dans un calendrier institutionnel récent. Abdelkarim Laamouri a pris ses fonctions à la tête de la wilaya fin octobre 2025, ce qui donne au dossier une visibilité nouvelle et une capacité d’arbitrage administrative susceptible d’impulser les démarches d’expropriation, de financement et d’intervention technique.
Par : Mahdi AMA







