L’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) fait du dossier relatif aux décisions de justice non appliquées, concernant les conflits de travail, une priorité.
A cet effet, une réunion de coordination s’est tenue le 4 mai 2026 avec le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale à l’issue de laquelle la centrale syndicale a annoncé, dans un courrier adressé le même jour aux secrétaires généraux des Fédérations et des Unions de wilaya, la mise en place d’un mécanisme national de recensement des jugements non appliqués.
L’objectif de cette démarche est d’identifier, cas par cas, les travailleurs et syndicalistes ayant obtenu gain de cause devant la justice, mais toujours privés de leurs droits dans les faits.
L’UGTA, y voit, dans ces pratiques, une atteinte grave à l’autorité de la justice et, conséquemment, aux fondements de l’État de droit, alors que ces situations, qui se reproduisent depuis des années, perdurent.
L’UGTA demande donc aux structures de base, d’informer les travailleurs, qui sont dans cette situation, de se rapprocher de l’Inspection du travail territorialement compétente et y déposer une copie du jugement définitif pour enregistrement. Et c’est ainsi que se fera le recensement, qui sera placé sous la supervision conjointe du ministère et du secrétariat national de l’UGTA.
L’opération devra permettre d’enclencher des solutions concrètes pour l’exécution des décisions de justice.
Pour rappel, le secrétaire général de la Centrale syndicale, Amar Takdjout, avait signé, le 15 mars dernier, une décision portant création d’«une Commission nationale des conflits sociaux au niveau du département des conflits sociaux et des affaires économiques».
Quelques semaines auparavant, celui-ci avait qualifié la non-exécution des décisions de justice de «mépris inacceptable» et de «dérive dangereuse».
Et si le premier responsable de l’UGTA avait haussé le ton c’est parce que cette situation avait provoqué de véritables désastres sur le plan social, avec les salaires non versés, faisant plonger beaucoup de familles dans l’incertitude.
«Lorsqu’une décision de justice est prononcée au nom du peuple, elle doit être appliquée», martelait le responsable syndical, rappelant que son non-respect revient à «piétiner l’État de droit et humilier les travailleurs».
Aujourd’hui, si le ministère du Travail a accepté de s’impliquer dans ce recensement, cela voudrait dire que l’Exécutif veut régler ce problème qui n’a que trop duré.
Par : Elyas Abdelbaki








