Pendant que les grands boulevards de la ville des Ponts bénéficient de toutes les attentions de la wilaya en matière d’aménagement urbain, la périphérie continue de ronger son frein dans l’oubli. À la cité Erriadh, située dans le secteur d’El Gammas, le quotidien des administrés s’est transformé en un parcours du combattant.
En cause, un projet de réhabilitation des réseaux de voirie et d’eau, entamé à la hâte à la veille de Ramadhan dernier, puis abandonné par l’entreprise réalisatrice juste après le décapage de la chaussée. Quatre (4) mois après le départ des engins, le statu quo demeure entier. Face à l’inertie des autorités locales, les riverains en sont réduits à cotiser pour réparer, à leurs propres frais, les pannes du réseau d’assainissement. Une situation aberrante qui suscite une vive colère parmi la population.
Sur les lieux, le constat est saisissant. Cette artère résidentielle, caractérisée par une forte déclivité, se retrouve totalement vulnérable à l’érosion. Privée de son revêtement bitumeux, la chaussée se transforme, à la moindre averse, en un oued en furie. Les vidéos partagées par les résidents témoignent de l’ampleur des dégâts : des torrents de boue dévalent la pente, charriant cailloux et débris, menaçant d’emporter les véhicules et d’inonder les habitations en contrebas.
Aujourd’hui, cette rue a pris les traits d’une piste de montagne impraticable. Le sol est profondément miné par des crevasses, jonché de blocs de béton et de gravats où prolifère déjà une végétation sauvage, preuve de l’abandon prolongé du site. Pour ne rien arranger, une crise sanitaire guette le quartier. La collecte des ordures est interrompue depuis plusieurs jours, plongeant le secteur dans des odeurs insoutenables en cette période de chaleurs, exacerbant le sentiment de délaissement d’une population à bout de souffle.
Au-delà des désagréments esthétiques, cette dégradation fait peser de graves menaces sur la sécurité publique. D’abord, pour l’intégrité physique des habitants, la chaussée accidentée multipliant les risques de chutes pour les enfants et les aînés. Ensuite, pour les biens, les crevasses causant des dommages mécaniques lourds aux véhicules. Enfin, sur le plan le plus névralgique, le ruissellement affouille continuellement le sol, risquant de mettre à nu les conduites souterraines de gaz, d’eau potable et d’assainissement. Le spectre d’une rupture de canalisation ou d’infiltrations sous les fondations des bâtisses est désormais pris très au sérieux.
Devant cette situation critique, les appels de détresse des citoyens sont restés lettre morte. Les représentants du quartier affirment avoir multiplié les requêtes écrites auprès de l’APC et de la wilaya, sans qu’aucune suite ne soit donnée.
Les résidents réclament désormais une intervention urgente du wali de Constantine pour sommer l’entreprise défaillante de reprendre les travaux et mettre fin à leur calvaire.
Par : Amina A.




