La wilaya a ravivé, ce samedi, la mémoire de la bataille de Bougentas à l’occasion de son 69 anniversaire. La cérémonie s’est tenue à la Maison de la Culture et des Arts Mohammed Boudiaf, dans une atmosphère à la fois institutionnelle et habitée par le poids d’une histoire locale longtemps transmise par fragments.
L’initiative a été portée par le secteur des Moudjahidine et des Ayants-droit, en coordination avec l’Organisation de wilaya des moudjahidine, sous la présidence du wali, Abdelkarim Lamouri, entouré d’élus, de responsables civils et sécuritaires, ainsi que de représentants du mouvement révolutionnaire venus de plusieurs wilayas de l’Est.
La bataille de Bougentas, livrée en 1957, s’inscrit dans une phase charnière de la guerre de libération nationale. Elle a opposé des unités de l’Armée de Libération Nationale (ALN) à des forces coloniales françaises engagées dans une stratégie de ratissage intensif visant à reprendre le contrôle des zones rurales et montagneuses entourant Annaba.
À Bougentas, les combats furent d’une rare intensité lorsqu’une unité de résistants s’est trouvée encerclée par des forces coloniales. L’épisode a coûté des vies et s’est installé dans la mémoire collective de la région comme un moment de sacrifice et de résistance. La commémoration a donné lieu à une visite d’un espace d’exposition installé dans le hall de la Maison de la culture.
Documents d’archives, photographies et notices biographiques ont permis de retracer les principales opérations militaires menées dans la wilaya historique, tout en mettant en lumière des figures locales de la lutte anticoloniale. Ces éléments ont servi de support à une lecture contextualisée de la bataille de Bougentas, replacée dans la continuité des affrontements qui ont marqué l’année 1957, période de durcissement extrême du conflit.
Au cours de la cérémonie, le secrétaire de wilaya de l’Organisation nationale des moudjahidine a rappelé la portée historique de cette bataille, soulignant qu’elle ne saurait être réduite à un épisode isolé, mais qu’elle constitue un jalon structurant de la mémoire combattante de la région. Une communication de l’historien et chercheur Amer Djedid est venue apporter un éclairage scientifique sur le déroulement des événements, leurs acteurs et leurs conséquences militaires et politiques.
Le moment le plus dense est sans doute intervenu avec le témoignage du moudjahid Abdelhamid Menguel, dont la parole directe a réintroduit l’expérience vécue au cœur d’un récit souvent figé par l’institutionnalisation de la mémoire.
La cérémonie s’est achevée par un hommage rendu aux familles des chouhada Belaid Belkacem et Amar Ouichaoui. Un geste symbolique, mais lourd de sens, qui rappelle que derrière les dates et les noms de batailles se tiennent des lignées marquées durablement par le sacrifice.
Par : Mahdi AMA












