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Ali Ghediri jugé après 28 mois de ‘’détention préventive’’ : La justice sera-t-elle au rendez-vous ?

Par : Mustapha B.

Après plus de 27 mois de détention préventive jugée « arbitraire » et « illégale » par un grand nombre d’avocats et de défenseurs des droits de l’Homme, l’ex-candidat aux présidentielles annulées d’avril 2019, le général Ali Ghediri, va enfin être jugé. Le procès s’ouvre aujourd’hui mercredi 22 septembre 2021 au tribunal criminel de Dar El Beïda (Alger).

Accusé de « atteinte au moral de l’armée en temps de paix » et « réunion de documents et d’informations à la disposition d’agents étrangers », le général à la retraite est arrêté, puis placé le 12 juin 2019 en détention préventive à la prison de Koléa. Après un marathon judiciaire, mais surtout après le décès de l’ex-chef d’état-major, le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah, la chambre d’accusation près la cour d’Alger a consenti à abandonner la charge de « réunion de documents et d’informations à la disposition d’agents étrangers ».

Même si l’ex-candidat à la magistrature suprême n’est plus accusé d’intelligence avec l’étranger, il n’en reste pas moins qu’il risque une peine de 5 à 10 ans de prison ferme s’il est reconnu coupable de « démoralisation de l’armée ».

Pour sa part, Me Zoubida Assoul, membre de la défense du général et ex-membre de sa direction de campagne électorale, estime que son mandant relève du « règlement de compte » et que le chef d’inculpation est « fallacieux ».

« La justice, comme pour tous les autres détenus politiques et d’opinion, a été terriblement instrumentalisée. Aujourd’hui, nous réclamons, ni plus ni moins, un procès équitable. Aux magistrats d’appliquer le droit dans cette affaire», affirmait, il y a un mois, Me Assoul à notre confrère d’El Watan. Ses avocats et son comité de soutien affirme que le général est puni pour « avoir osé tenir tête, tout d’abord au clan Bouteflika en se présentant contre lui lors des élections avortées, mais aussi pour avoir continué à tenir tête à celui qui devint l’homme le plus puissant d’Algérie après la chute d’Abdelaziz Bouteflika ». C’est donc la criminalisation de la vie politique qui est dénoncée par les soutiens du militaire à la retraite. Ces mêmes soutiens estiment d’ailleurs que l’accusation retenue contre lui est tout simplement saugrenue. « Ali Ghediri ne peut en aucun cas être accusé de tenter de démoraliser l’armée nationale populaire, lui qui a servi avec abnégation et a consacré plus de 40 ans de sa vie à cette institution et à la nation », nous dira-t-on.

Le plus ancien détenu politique post-hirak en Algérie est sorti son silence, à quatre reprises, pour s’adresser à l’opinion publique ou au président de la République. Il a accusé les « survivants de l’ancien système d’être à l’origine » de sa détention qu’il qualifie de « confinement politique ». Le général à la retraite a, par ailleurs, refusé « la liberté provisoire sans réhabilitation », tout en affirmant que « ses convictions ne font que se raffermir pour mener encore le combat contre un système qui a mené le pays à l’impasse ».

L’ex-candidat à la magistrature suprême sera-t-il réhabilité par la justice algérienne ? La réponse sera probablement connue dans les prochaines semaines.

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