Une visite que de nombreuses parties soupçonnent d’être une ingérence visant à influencer le Pape pour soumettre à l’occasion de sa visite à Alger une demande de grâce en faveur du journaliste François Gleizs.
Malgré la reprise affichée de la coopération sécuritaire et migratoire, la crise entre l’Algérie et la France est loin d’être résolue. Ces derniers jours, Alger a multiplié les signaux de fermeté, dénonçant une série de positions et d’initiatives françaises jugées hostiles ou ambiguës. La polémique a été relancée après les déclarations d’Olivier Christen, procureur du PNAT, évoquant l’ouverture d’enquêtes liées à un supposé « terrorisme d’État » impliquant, entre autres, l’Algérie.
Une sortie vivement dénoncée par les autorités algériennes, qui intervient à la veille de la visite d’Emmanuel Macron au Vatican. Une visite que de nombreuses parties, de part et d’autre de la Méditerranée, soupçonnent d’être une ingérence visant à influencer le Pape pour soumettre à l’occasion de sa visite à Alger une demande de grâce en faveur du journaliste François Gleizs, condamné en Algérie pour apologie du terrorisme. Notons que la visite annoncée d’Emmanuel Macron au Vatican, prévue les 9 et 10 avril, soit trois jours avant le déplacement du pape Léon XIV en Algérie.
Dans ses colonnes, El Moudjahid s’interroge sur une « coïncidence troublante ». Selon le journal, Paris pourrait chercher à mobiliser l’influence du Vatican pour peser sur une affaire judiciaire sensible. Une hypothèse perçue comme une tentative de « diplomatie de contournement », consistant à solliciter une autorité spirituelle pour influer sur une décision relevant de la souveraineté judiciaire algérienne.
Ligne rouge
Rappelons que les autorités algériennes ont à maintes reprises précisé que le journaliste est entré sur le territoire avec un visa touristique, dissimulant la nature de ses activités. Un fait que le journaliste lui-même et ses proches ont publiquement reconnus. Sous le couvert d’une enquête journaliste, il a eu notamment des contacts poussés avec des membres du MAK tout en étant conscient que cette organisation séparatiste était en phase d’être classé terroriste. Gleizs est en effet accusé d’avoir entretenu des liens avec des figures associées au MAK, dans le cadre d’un projet de documentaire controversé. Pour Alger, toute tentative d’intervention extérieure dans ce dossier constitue une ligne rouge.
Alors qu’a Alger les préparatifs pour accueillir le pape Benoit XVII vont bon train, les soupçons d’ingérence diplomatique et de blocages sur les dossiers financiers, les relations algéro-françaises traversent une nouvelle zone de turbulences.
Par : Akram Ouadah










