Au sein de l’usine ALFAPIPE, 14 salariés ont été placés en mise à pied conservatoire ; une mesure qui cristallise un conflit social déjà ancien et amplifié par l’arriéré des salaires. La direction invoque des instructions de l’administration centrale et reproche à certains manifestants des dérapages hors cadre légal. Les travailleurs affirment en retour que leurs actions sont strictement pacifiques et relèvent de l’exercice de droits constitutionnels et du droit du travail.
Depuis plusieurs jours, les ateliers d’Annaba sont à l’arrêt et les équipes observent des rassemblements réguliers. Les salariés déplorent le non-versement des rémunérations depuis trois (3) mois, seul celui de novembre ayant été payé. Cette situation a entraîné des tensions familiales et sociales tangibles, des recours à des congés maladie pour cause de stress et une incapacité accrue à faire face aux dépenses courantes.
Les employés contestent la suspension des 14 collègues et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une tentative d’intimidation destinée à briser la dynamique revendicative. Ils soulignent que leurs doléances s’inscrivent dans le cadre des textes régissant la relation salariale et de la convention collective de l’entreprise, au premier rang desquels le droit à une rémunération régulière pour le travail effectué.
Parallèlement, le mouvement a fragilisé la représentation syndicale locale. Une partie de la base réclame la dissolution de la Section syndicale en place, estimant qu’elle n’a pas défendu les intérêts des travailleurs durant la crise. Plusieurs responsables syndicaux ont présenté leur démission et la coordination locale du Syndicat national est attendue pour statuer sur la demande de révocation de la section.
La direction promet une résolution imminente. Le directeur général a assuré que la régularisation des salaires interviendrait avant la fin du mois courant, après finalisation d’un accord avec une nouvelle banque et l’achèvement de démarches administratives liées à un client majeur. Selon la direction, l’ouverture d’une nouvelle domiciliation bancaire et l’obtention d’une ligne de financement permettront de libérer des matières premières actuellement bloquées en douane et de relancer la production.
Sur terrain, les ouvriers maintiennent leurs actions de pression. Ils ont abandonné le système de travail en trois équipes pour revenir à un horaire continu afin de marquer leur refus de la situation sans pour autant recourir à la violence ou compromettre la continuité de l’entreprise. L’issue de ce bras de fer dépend désormais de la capacité de la direction à matérialiser ses engagements financiers et de la confiance que les travailleurs accepteront de rétablir dans la représentation syndicale et la gestion de l’entreprise.
Par : Mahdi AMA








