Huit ans après la saisie record de cocaïne au port d’Oran, le dossier connu sous le nom de « l’affaire El Bouchi » sera examiné de nouveau par la justice algérienne à partir du 11 janvier 2026, devant le tribunal criminel de Dar El Beïda (Alger).
Selon le quotidien arabophone «Echourouk», l’affaire a été inscrite au rôle complémentaire de lasession criminelle en cours, dont l’annonce officielle est attendue dans les prochains jours. À la barre, figurera notamment Kamel Chikhi, surnommé « El Bouchi », principal accusé, aux côtés de ses deux frères Nacer etMohamed Chikhi, ainsi que de leur proche et associé Nadjib B.. Tous sont actuellement placés en détention provisoire à la prison d’El Harrach.
Les faits remontent à la fin du mois de mai 2018, lorsque les services de sécurité avaient découvert 701 kg de cocaïne dissimulés dans une cargaison de viande congelée et fraîche en provenance du Brésil, à bord du porte-conteneurs Vega Mercury, au port d’Oran.
La drogue saisie était, selon les analyses, de la cocaïne atteignant un taux de pureté de 85 %. En d’autres termes, elle était destinée au trafic de gros. Après transformation, cette quantité pouvait atteindre jusqu’à 70 quintaux de cocaïne prête à la consommation.
Après cinq années d’instruction, le dossier a été transmis à la chambre d’accusation. Finalement, au mois de juin dernier, l’audience prévue avait été renvoyée à la demande des avocats de la défense, qui invoquaient notamment les résultats de commissions rogatoires internationales menées au Brésil et en Espagne. Selon eux, ces enquêtes n’auraient pas établi de preuves directes impliquant leurs clients.
Les accusés seront poursuivis pour «importation, stockage et distribution de drogues dans le cadre d’un groupe criminel organisé», ainsi que pour «blanchiment d’argent». Deux sociétés commerciales, liées à Kamel Chikhi, sont également mises en cause en tant que personnes morales.
La chambre d’accusation avait, à maintes reprises, rejeté les demandes de mise en liberté formulées par la défense. Le procès attendu en janvier 2026 pourrait ainsi constituer un tournant judiciaire décisif, tant par la gravité des faits que par les enjeux institutionnels et sécuritaires qu’il soulève.
L’opinion publique, tout comme les observateurs judiciaires, suivra avec attention l’évolution de ce dossier devenu emblématique de la lutte contre le crime organisé en Algérie. Les quantités saisies sont les plus importantes jamais interceptées dans le pays.
Pour rappel, Kamel Chikhi avait déjà été condamné en juillet 2019 à 10 ans de prison ferme dans un autre dossier, lié cette fois à la corruption foncière. Chikhi était promoteur immobilier et a lancé plusieurs promotions notamment dans la capitale.
Le tribunal de Sidi M’hamed l’avait reconnu coupable de corruption, abus de fonction et trafic d’influence, aux côtés de plusieurs cadres de l’administration.
Par : Elyas Abdelbaki







