Par : Amar Ait Bara
Depuis la veille de l’aïd, Annaba est devenue une ville morte où aucun commerce n’a exercé, abstraction faite de quelques marchands de brochettes exerçant sur les trottoirs en exposant des produits douteux. Du matin au soir, la ville est déserte, malgré certains marchés ouverts, mais les produits sont rares pour faire les courses. Les magasins sont fermés depuis lundi dernier, premier jour de l’Aïd, et rien ne tourne comme avant, les activités commerciales sont à l’arrêt. Les citoyens, livrés à eux-mêmes, ne savent pas où s’approvisionner en fruits et légumes ou en produits de base, tels que le lait ou encore le pain, auxquels s’ajoutent les mauvaises conditions météorologiques. L’après-midi, aucune boulangerie n’était ouverte, alors que le pain est exposé sur les trottoirs, mais il est cédé à 30 dinars la baguette et parfois il est introuvable ; seuls les spéculateurs trouvent leurs comptes. Ceci est un indice révélateur qui indique clairement que les commerçants désignés pour assurer les permanences des jours fériés ont fait preuve d’indiscipline et n’ont pas respecté les consignes. C’est un constat amer fait par tous les citoyens, unanimes à dire que les commerçants n’accordent aucune importance aux décisions des pouvoirs publics et qu’ils doivent être sanctionnés sévèrement. Certains commerçants ont saisi cette occasion du relâchement pour procéder à des changements dans leurs magasins pour reprendre leurs activités initiales après avoir changé les activités commerciales occasionnelles durant le ramadhan. De nombreux commerçants ont fait fi du programme de permanence établi et environ une cinquantaine de procès-verbaux ont été dressés par la direction du commerce d’Annaba à l’encontre des contrevenants. Ces commerçants indisciplinés ont mis les familles qui n’ont pas fait leurs provisions dans une situation embarrassante et, pour se nourrir, ces dernières étaient dans l’obligation de se débrouiller. Le vendredi, hormis quelques boulangeries ouvertes, les autres étaient fermées pour absence de personnel, parti pour fêter l’Aïd. Aussi, au niveau de quelques épiceries ouvertes, les produits nécessaires étaient indisponibles et les étalages étaient vides. Les gens font la chaine, tôt le matin, devant les rares boulangeries pour acheter du pain puisqu’après 11 heures, tout est terminé et il faut se diriger vers le marché noir pour pouvoir trouver du pain. Cela est devenu une habitude durant les fêtes religieuses ou nationales, les magasins ferment et les citoyens se sont habitués à ces situations. Cependant, les Annabis appréhendent la reprise du cours de la vie normale avec un espoir de l’amélioration des conditions de vie et celle du pouvoir d’achat et de la baisse des prix.




