Depuis l’entrée en vigueur du décret exécutif n° 26 76 du 14 janvier 2026, publié au Journal officiel n° 08 du 27 janvier 2026, les candidats au recrutement dans les secteurs public et privé doivent fournir un test antidrogue négatif. Le texte précise que «les dossiers de recrutement doivent comporter des tests de dépistage négatifs» et fixe leur durée de validité à trois (3) mois. La mesure relève de la prévention, alors que sur terrain, elle ressemble de plus en plus à une course contre la pénurie.
Au CHU Ibn Sina, des candidats affluent pour effectuer le dépistage demandé dans leur dossier administratif. Mais beaucoup repartent sans résultat. La raison du manque du test revient dans les discussions et aux abords des laboratoires. Certains affirment avoir été invités à revenir plus tard. D’autres disent qu’on leur demande directement de chercher eux-mêmes le kit nécessaire pour réaliser l’analyse.
Le paradoxe frappe immédiatement. L’établissement chargé d’effectuer le contrôle ne dispose toujours pas du produit indispensable pour le faire. Le candidat, lui, se retrouve à courir derrière un test urinaire rapide multi-drogues destiné au dépistage de substances comme l’AMP, les BZO, la COC, les OPI, le THC, le PCP, la MDMA ou encore le TML.
Dans ce processus, tout se bloque très vite : sans test, pas de dossier complet ; sans dossier complet, pas de signature. Certains recrutements restent suspendus plusieurs jours, parfois davantage, pour une pièce administrative devenue rare. Le problème dépasse désormais la simple contrainte sanitaire. Il touche directement l’accès à l’emploi.
Au fil des jours, une scène revient : des candidats passent d’un comptoir à l’autre, téléphone à la main, cherchant une pharmacie, un laboratoire ou un contact capable de fournir le test demandé. Le recrutement ne dépend plus seulement des compétences ou du poste disponible. Il dépend aussi de la capacité à trouver un kit absent des circuits habituels.
La mesure devait filtrer la consommation de stupéfiants dans le monde du travail. Elle révèle aujourd’hui une autre faille, celle d’un dispositif appliqué plus vite qu’il n’a été approvisionné.
Par : Mahdi AMA










