Hier, l’hôtel Hôtel Seybouse a accueilli une conférence intitulée «Le Retour de l’enfant prodigue, 50 ans après», organisée dans le cadre de la célébration du centenaire du grand réalisateur Youssef Chahine.
Cette rencontre a constitué à la fois un hommage à l’œuvre du cinéaste et une analyse approfondie de 50 ans de coproduction méditerranéenne, en abordant ses dimensions culturelles, politiques et économiques.
Une conférence en présence d’invités de renom
La conférence s’est déroulée en deux séances. La première a réuni plusieurs figures du cinéma arabe, notamment l’actrice égyptienne Soheir El Morshedy, le réalisateur Khaled Youssef, ainsi que l’acteur Seif Abderrahmane.
La seconde séance a vu la participation de l’ingénieur du son Kamel Maskel, de Salim Aghar et du critique Ibrahim Al Ariss.
Une coproduction algéro-égyptienne emblématique
Il a été rappelé que le film «Le Retour de l’enfant prodigue» est une coproduction algéro-égyptienne. Son financement a été assuré par la société de Youssef Chahine, Misr International Films, ainsi que par l’Office national pour le commerce et l’industrie cinématographique (O.N.C.I.C).
À cette époque, l’Algérie jouait un rôle majeur en soutenant les cinéastes engagés du monde arabe, dans une dynamique de promotion d’un cinéma politique et tiers-mondiste. Youssef Chahine, confronté à des difficultés de production et à des contraintes en Égypte, a ainsi trouvé en Algérie un soutien déterminant.
Cinéaste engagé et figure majeure du cinéma arabe
Les intervenants ont largement insisté sur la place centrale de Youssef Chahine dans l’histoire du cinéma arabe, soulignant sa valeur artistique, son engagement politique et sa contribution à l’évolution du langage cinématographique.
Ils ont notamment rappelé que le cinéaste a su transposer à l’écran les grandes questions de l’identité, de la liberté et de l’appartenance, en faisant de ses œuvres un espace de réflexion profonde sur les sociétés arabes et leurs mutations.
L’ingénieur du son Kamel Maskel a partagé plusieurs histoires et anecdotes révélant le professionnalisme, la rigueur et l’exigence du réalisateur, notamment lors du tournage du film.
Un lien profond avec l’Algérie et ses luttes
De son côté, Soheir El Morshedy a exprimé sa joie de participer à cet hommage, rappelant l’attachement profond de Youssef Chahine à l’Algérie. Elle a souligné que, pour lui, l’Algérie constituait une véritable source d’inspiration, allant jusqu’à affirmer que « l’Algérie est inspiratrice », une idée qui résume sa vision humaniste et son engagement en faveur de l’unité arabe.
Elle a insisté sur l’amour que le cinéaste portait au pays, ainsi que sur les liens forts unissant l’Algérie et l’Égypte, évoquant une communauté de traditions, de lutte et de valeurs, ainsi qu’une histoire partagée marquée par la solidarité et le combat.
Elle a également évoqué le choix du réalisateur de mettre en lumière la figure de Djamila Bouhired, héroïne de la guerre de libération nationale, comme un acte artistique et politique fort. Ce choix visait à transformer une réalité historique en symbole universel de résistance. Ce film a eu un retentissement international important, contribuant à sensibiliser l’opinion mondiale.
Enfin, la conférence a abordé la question du design sonore, encore peu développé à l’époque, mais que Youssef Chahine a su faire évoluer à travers ses films. Son travail, notamment dans Le Retour de l’enfant prodigue, a contribué à améliorer l’utilisation artistique du son dans le cinéma arabe.
Par : I.S











