Une délégation commerciale espagnole et un armateur mondial ont franchi, mercredi, la digue du port d’Annaba pour ausculter ses capacités et envisager un renforcement concret des lignes maritimes qui irriguent la côte Est algérienne. Le groupe venu d’Espagne, MARGUISA SHIPPING LINES, conduit par son directeur général Juan Arroyo et le directeur des opérations Marco Sanchez, s’est entretenu avec la direction du port, représentée par le directeur général, Ali Boulaaras, pour évaluer les atouts logistiques du site et les modalités d’un partenariat.
La réunion, organisée au siège de l’Entreprise portuaire, visait à traduire en engagements opérationnels l’intérêt exprimé par les opérateurs. Selon le compte rendu officiel, les visiteurs ont salué «le niveau d’organisation» et les moyens de manutention disponibles sur place, tout en cherchant à calibrer des rotations régulières capables de fluidifier les échanges avec le bassin méditerranéen.
Partenaire technique et commercial de la rencontre, la compagnie HMM (un acteur majeur du transport de conteneurs) a annoncé son intention d’accroître la fréquence d’escales à Annaba : la cadence envisagée, jusqu’à deux navires par mois, viserait à assurer une liaison directe et rapide avec plusieurs ports méditerranéens et à positionner Annaba comme plateforme logistique de desserte régionale. Ce choix témoigne d’une stratégie de réintégration progressive des lignes régulières continentales au profit des ports algériens.
Pour MARGUISA, société espagnole fondée au début des années 1990 et spécialisée dans le transport de conteneurs et de projets, l’ouverture ou le renforcement d’escales en Algérie s’inscrit dans une logique d’élargissement de ses services en Méditerranée et vers l’Afrique du Nord. La compagnie dispose déjà d’un réseau régional et multiplie les initiatives pour améliorer l’interconnexion entre ports secondaires et hubs européens.
Du côté algérien, les responsables portuaires misent sur l’effet d’entraînement d’un tel calendrier de rotations : plus de fréquences signifient une meilleure attractivité pour les chargeurs locaux, une moindre dépendance aux transbordements, et des gains de durée et de coûts pour les exportateurs et importateurs de la région. Le port d’Annaba, classé parmi les principaux ports de commerce du pays, dispose d’un hinterland industriel important, un argument qu’a souligné la direction lors des échanges.
Sur le plan économique, l’impact attendu est concret mais mesurable : un doublement plausible des escales HMM, s’il se confirme, augmenterait la concurrence entre opérateurs et offrirait aux entreprises annabies des fenêtres d’exportation supplémentaires, un atout pour les filières industrielles et minières qui gravitent autour du port. Le calendrier précis de mise en œuvre reste à fixer et dépendra des négociations commerciales et logistiques en cours.
En filigrane, cette visite illustre aussi une tendance plus large : les compagnies méditerranéennes réévaluent leurs lignes à la faveur d’un marché qui recherche efficacité et proximité. Pour Annaba, l’enjeu est simple et exigeant : convertir l’intérêt affiché en créneaux réguliers et fiables, condition sine qua non pour que la cité portuaire devienne, effectivement, une base logistique de référence pour l’Est du pays.
Par : Mahdi AMA










