Par : Bouchra Naamane
« Réussite ! ». C’est ainsi que le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, M. Abderrahmane Benbouzid, a qualifié sa visite à travers les structures sanitaires de la wilaya d’Annaba, effectuée dans la journée d’hier. Cette qualification s’avère justifiée si l’on se réfère aux points de visite visés par la délégation. Ignorant tous les établissements nécessitant réellement une intervention des plus hauts cadres du ministère, le ministre de la Santé n’a inspecté que les infrastructures où tout allait plus ou moins « bien ». Le ministre a fait le tour des infrastructures toutes neuves, telle que la polyclinique de Kalitoussa, inaugurée justement hier par la délégation, la clinique fraichement mise en fonction à Sidi Achour, ainsi que le Centre Anti-Cancer, relevant du CHU Ibn Roch, tout en évitant de jeter le moindre coup d’œil sur l’hôpital, situé à quelques mètres du centre. C’est, en réalité, normal mais aussi légitime d’estimer que le secteur de la Santé va parfaitement bien à Annaba.
Inauguration le 5 juillet de deux infrastructures sanitaires
Le ministre a également visité le projet de réalisation de l’hôpital des urgences médico-chirurgicales qui avait été inscrit en tant qu’hôpital de chirurgie cardiaque infantile avant d’être transformé en un établissement d’urgences médico-chirurgicales permettant ainsi de réduire la pression sur le pavillon des urgences chirurgicales (PUC) d’Ibn-Rochd et le pavillon des urgences médicales (PUM) d’Ibn-Sina. Il est important de préciser, dans le même sillage, que l’inauguration de cet établissement avait été reporté à moult reprises, notamment si l’on sait que l’opération avait été prévue le 5 juillets de chaque année au cours des 5 dernières années. Ce projet avait fait objet de plusieurs restrictions, dont le problème lié aux terrains censés abriter les projets de réalisation des infrastructures sanitaires qui n’avaient pas pu être levées à l’époque. Ce problème venait s’ajouter à la lenteur des procédures des appels d’offres publics et de l’élaboration des études financières.
La même visite avait également touché le projet de la réalisation du centre de transfusion sanguine, situé dans la même commune. Un projet prometteur qui permettra de lever les multiples lacunes qu’affrontent les patients nécessitant ce genre d’interventions médicales, notamment si l’on se réfère au manque flagrant qu’enregistre le secteur en matière de sang depuis le début de la pandémie. Le centre en question possède une capacité de 100.000 poches de sang, ce qui va permettre d’améliorer le système transfusionnel de la wilaya.
Quelques problèmes…
La visite réussite du ministre avait malheureusement été interrompue par les travailleurs du secteur ayant rejoint la délégation au CAC (Centre Anti-Cancer). Dévoilant leurs multiples problèmes liés aux salaires non-honorés par les responsables du CHU, mais aussi les allocations communément appelées la prime de la pandémie, ces derniers ont réclamé leurs droits aussi bien légitimes qu’indispensables. Le premier responsable du secteur a fait savoir que ce problème est résolu, tout en précisant que le ministère compte accorder une importance capitale aux travailleurs de la santé qui ont tout le mérite et se sont sacrifiés durant la pandémie. Les infirmières diplômées des instituts privés formant les aides-soignantes, ayant travaillé en tant que « bénévoles », il y a de cela presque deux ans se sont vues contraintes de signer un contrat de bénévolat de 8 mois, tout en ayant la promesse d’être recrutées une fois ce contrat arrivé à terme. Cette promesse n’a malheureusement jamais été tenue par le directeur général du CHU qui a été largement critiqué, en présence du ministre, par les concernés. Le ministre n’ayant aucune information sur le sujet a préféré s’abstenir de donner la moindre déclaration à ce sujet.








