Par : M. B.
La troisième vague de la pandémie est là. Même si Annaba ne figure pas parmi les « wilayas les plus touchées », n’empêche que le nombre de personne contaminées est en hausse. Tout le monde, ou presque, a, dans son entourage immédiat, des personnes dépistées positives au Coronavirus. La campagne de matraquage médiatique pour sensibiliser la population à la nécessité de respecter les mesures barrières et les décisions prises par le Conseil des ministres ce dimanche ont permis de faire comprendre aux Annabis que la situation est grave.
La peur, qui est un élément essentiel dans ce genre de situation, commence à s’installer chez beaucoup de nos concitoyens, les obligeant ainsi à appliquer méticuleusement les gestes barrières. Le port du masque dans les lieux publics est de plus en plus respecté. Beaucoup de citoyens qui ont peur de contracter la maladie tentent de se faire dépister dès l’apparition du moindre symptôme de la Covid-19, ou après avoir été en contact direct avec une personne contaminée. C’est dire que le risque d’être diagnostiqué positif à la Covid-19 est grand chez ces personnes.
Mais le hic, c’est que le nombre de laboratoires d’analyses médicales implantés au niveau de la wilaya d’Annaba est relativement faible par rapport aux besoins actuels. Ce nombre n’a pas été prévu pour un contexte sanitaire aussi particulier et imprévu qu’une pandémie de Covid-19. Le nombre réduit de structures permettant de se faire dépister provoque une sorte d’effet entonnoir. En effet, ils sont moins d’une quarantaine de laboratoires d’analyses médicales, de laboratoires d’imageries médicales ou de cliniques à proposer des tests antigéniques, sérologies ou scanner thoracique (TDM) et le nombre est encore plus réduit lorsqu’il s’agit d’effectuer un test PCR.
La majorité des citoyens qui se suspectent être atteints de Covid-19, préfère se tourner vers les tests rapides, à savoir les tests antigéniques. Ceux-ci coûtent en moyenne 2.500 dinars. Les différents labos de la ville connaissent actuellement une très grande affluence de citoyens désirant effectuer des tests de dépistage de la Covid-19.
Certains laboratoires d’analyses médicales privés sont saturés. Le nombre de patients présents au niveau de la salle d’attente dépasse des fois la trentaine. Hier, au niveau de l’un des labos en question, plus d’une vingtaine de personnes, toutes venues pour les tests de dépistage du coronavirus, était entassée dans une salle d’attente de moins de 10m². Alors que beaucoup desdits patients s’agglutinaient les uns aux autres devant la caisse, pour effectuer le payement et/ou obtenir le résultat du test. L’unique distributeur de gel hydro-alcoolique, dans cet espace hautement risqué, était en panne. Il était impossible pour les personnes qui se trouvaient dans ladite salle d’attente de respecter la distanciation sociale. Mais ni la propriétaire du labo en question et encore moins les patients qui s’y trouvaient ne sont responsables d’une telle situation de saturation. Le non-respect des mesures de distanciation sociale au niveau de certains établissements, à l’image des centres de vaccination ou des laboratoires de dépistages, est dû en grande partie au nombre relativement réduit des établissements par rapport au nombre d’utilisateurs (citoyens et malades).
Le ministre de la Santé a répondu dimanche favorablement aux appels des différentes organisations du corps médical qui demandait l’implication des médecins, cliniques et pharmaciens privés dans l’opération de vaccination. Ce qui vient régler le problème au niveau des centres de vaccination. Mais le problème se pose encore pour le dépistage. Selon le Dr Khelifa Slama, président du bureau de la wilaya d’Annaba du syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (SNAPO), il est nécessaire et impératif d’associer les pharmaciens d’officine dans les opérations de dépistage. « Le dépistage fait partie des prérogatives des pharmaciens d’officine, bien avant l’arrivée de la pandémie de la Covid-19. Nous avons toujours effectué les tests de grossesse, glycémie… Les tests antigéniques (rapides) peuvent très bien se faire au niveau des 270 pharmacies réparties sur le territoire de la wilaya d’Annaba. Ceci permettra de réduire la pression sur les labos d’analyse, mais aussi et surtout de faire un travail de tri et d’orientation afin que les services Covid-19, prennent en charge directement les patients diagnostiqués positifs », affirme le Dr Slama.








