Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a quitté Alger, hier, à destination de la Turquie pour une visite officielle, a annoncé la présidence de la République dans un communiqué. Ce déplacement s’inscrit, selon la même source, « dans le cadre du renforcement des relations d’amitié et de coopération entre les deux pays frères ».
Au cours de son séjour, le chef de l’État coprésidera, aux côtés de son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan, les travaux de la première session du Conseil de coopération stratégique de haut niveau algéro-turc, a ajouté le communiqué.
Ce mécanisme bilatéral vise à assurer le suivi et l’approfondissement des relations entre Alger et Ankara dans divers domaines, allant de l’économie à la coopération politique et sécuritaire. Il convient de préciser que cette visite officielle marque une nouvelle étape dans la dynamique de rapprochement entre les deux pays, dans un contexte international en recomposition.
L’Algérie et la Turquie entendent, ainsi, consolider un partenariat stratégique axé sur le développement des échanges commerciaux, l’encouragement des investissements et le renforcement de la coopération dans des secteurs clés tels que l’énergie, l’industrie et les infrastructures.
Pour Alger, l’enjeu est double. Il s’agit, d’une part, de diversifier ses partenariats économiques en attirant davantage d’investissements productifs, notamment dans l’industrie. Selon des experts des questions internationales, la Turquie apparaît, dans cette équation, comme un partenaire pragmatique, disposant d’un savoir-faire industriel et d’une présence économique croissante en Afrique.
Des alliances —-équilibrées
Mais pour Alger, il ne s’agit pas uniquement d’une relation économique : la convergence de vues sur plusieurs dossiers régionaux, notamment en Afrique et en Méditerranée, confère à ce rapprochement une dimension politique assumée.
D’autre part, l’Algérie cherche à renforcer sa marge de manœuvre diplomatique en s’appuyant sur des alliances équilibrées, loin des logiques d’alignement, dans un environnement international de plus en plus polarisé.
Aussi, cette visite s’inscrit dans la continuité d’une séquence diplomatique entamée dès 2020, lorsque le président Tebboune avait fait d’Ankara l’une de ses premières destinations officielles.
Depuis, les échanges se sont intensifiés, culminant avec la tenue du Conseil de coopération en 2022 à Alger, puis une nouvelle visite en 2023, consacrant l’ambition commune de porter les échanges commerciaux à 10 milliards de dollars.
En filigrane, c’est bien la doctrine algérienne d’ouverture maîtrisée qui se dessine : bâtir des partenariats solides, fondés sur des intérêts mutuels, tout en préservant une autonomie stratégique.
Par : Akram Ouadah








