Avec « L’occupation coloniale de l’Algérie », publié chez Chihab Éditions, Idir Hachi revient sur les 132 années de présence française en proposant une étude qui associe l’histoire de la conquête, l’analyse des politiques coloniales et celle des résistances qui leur ont été opposées.
L’ouvrage s’appuie sur un important travail documentaire, nourri par les archives, les témoignages et les recherches historiques. Son intérêt réside notamment dans l’attention portée aux différentes dimensions de l’occupation. La domination ne s’est pas limitée à l’exercice du pouvoir politique ou au contrôle militaire des territoires. Elle a également reposé sur la dépossession des populations, la confiscation des terres, les déplacements forcés et des pratiques répressives particulièrement violentes, parmi lesquelles les enfumades, les internements et les déportations.
Cette histoire ne peut toutefois être dissociée des résistances qui ont accompagné la progression de la conquête puis l’installation du pouvoir colonial. L’Émir Abd el-Kader, Ahmed Bey, Fatma N’Soumer, Cheikh Bouziane et El Mokrani figurent parmi les grandes personnalités étudiées, aux côtés des mouvements insurrectionnels des Ouled Sidi Cheikh, des Aurès et du Sahara. La diversité de ces expériences permet de mesurer l’étendue géographique des soulèvements et la permanence des oppositions à la domination étrangère.
Au-delà des faits, Idir Hachi s’intéresse aussi à la façon dont cette période a été racontée. Le recours aux archives de l’époque coloniale pose notamment la question du regard porté sur les populations algériennes et de la manière dont les événements ont été consignés et interprétés. L’examen critique de ces sources constitue ainsi un autre volet de la recherche, qui croise histoire et anthropologie historique.
Maître de recherche au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) d’Oran et docteur en histoire de l’université d’Aix-Marseille I, Idir Hachi consacre ses travaux aux résistances algériennes, aux violences coloniales, aux dépossessions et aux politiques de répression, notamment au XIXe siècle et durant la première moitié du XXe.
Avec « L’occupation coloniale de l’Algérie », il apporte une contribution à l’étude d’une période majeure de l’histoire nationale, en réunissant les différentes dimensions d’un processus historique qui ne saurait être réduit à la seule succession des événements ayant conduit à la conquête puis à l’indépendance.
Par : Aly D









