Il suffit de faire le tour de quelques vendeurs de fruits et légumes pour s’en rendre compte : trouver de la pomme de terre est devenu un véritable casse-tête. Depuis plusieurs jours, le produit se fait rare, au point que certains commerçants n’en proposent tout simplement plus. Et ceux qui en ont encore, affichent des prix oscillant entre 130 et 140 DA le kilogramme.
Au marché de gros de Sarouel, la situation semble particulièrement tendue. D’après plusieurs vendeurs rencontrés, seuls cinq camionnettes chargées de pommes de terre auraient accosté hier. Un arrivage dérisoire face à la demande, qui aurait provoqué une véritable ruée entre les commerçants venus s’approvisionner. Certains parlent même de bousculades, chacun cherchant à repartir avec quelques cageots avant l’épuisement des stocks.
Au marché El Hattab, le constat est tout aussi frappant. Dans ce qui constitue l’un des principaux points de vente au détail des fruits et légumes de la wilaya, les étals sont presque entièrement dépourvus de pommes de terre. Les quelques vendeurs qui en proposent encore expliquent avoir écoulé des marchandises achetées ou commandées plusieurs jours auparavant. Depuis, leurs tentatives pour renouveler les stocks seraient restées vaines. Au marché de gros, leur répond-on, le produit est devenu introuvable.
Mais pourquoi cette pénurie soudaine ? Parmi les explications qui reviennent le plus souvent dans les discussions avec les commerçants, celle du prix d’achat occupe une place centrale. Plusieurs vendeurs estiment que les revendeurs qui approvisionnent le marché de gros, hésitent désormais à acheter auprès des producteurs, en raison des prix qu’ils réclament.
Le plafonnement national des prix est également mis en cause par les professionnels interrogés. Pour ces derniers, la décision aurait contribué à bloquer une partie du circuit d’approvisionnement. Les revendeurs, qui achètent la récolte aux agriculteurs avant de l’acheminer vers les marchés de gros, ne trouveraient plus leur compte dans les transactions. Face à des prix de production jugés trop élevés et à des tarifs de revente plafonnés, certains préféreraient renoncer à l’achat plutôt que de commercialiser à perte ou avec une marge de gain insuffisante.
Pour rappel, les pouvoirs publics ont annoncé, début octobre, un plafonnement du prix de la pomme de terre, fixé entre 60 et 70 DA le kilogramme à la production et entre 80 et 90 DA au détail. Or, sur le terrain, les quelques quantités disponibles à El Hattab sont proposées entre 130 et 140 DA. Un écart considérable qui pose autant la question du respect des prix réglementés que celle de l’efficacité du dispositif.
Reste surtout à savoir où se situe le véritable blocage. Est-ce le prix réclamé par les producteurs, la réticence des intermédiaires ou l’insuffisance des quantités mises sur le marché ? Les témoignages recueillis orientent vers un problème au niveau de la chaîne d’approvisionnement, mais seule une clarification des services concernés permettra d’en déterminer les causes exactes. En attendant, les consommateurs, eux, doivent déjà composer avec des étals vides et un produit devenu difficile à trouver.
Par : J.Seghir









