Dans les oasis, la récolte des dattes s’étale sur plusieurs mois, au rythme des variétés et de leur maturation.
Commencée dès la fin de l’été dans certaines palmeraies, elle se poursuit à l’automne dans les grands bassins phoenicicoles du Sud, avant de s’achever progressivement en fin d’année. De Biskra à El Oued, en passant par Touggourt et Adrar, les périodes de cueillette dessinent une succession de récoltes qui mobilisent producteurs, cueilleurs et circuits de commercialisation. Derrière ce calendrier, chaque région suit le rythme de ses plantations, avec des variétés qui ne mûrissent ni au même moment ni dans les mêmes conditions.
Dès la fin de l’été
Le calendrier commence dès les mois d’août et de septembre avec les variétés précoces, notamment le Ghars, la Mech Degla et la Degla Beïda. À Biskra, leur récolte peut se poursuivre jusqu’à la mi-octobre, selon les conditions de maturation. Cette première phase précède celle de la Deglet Nour, dont la cueillette intervient plus tard dans la saison. L’activité des exploitations s’organise ainsi par étapes, en fonction de l’état des fruits et des opérations à mener dans les palmeraies.
La maturation constitue un repère essentiel pour déterminer le moment de la récolte. Les dattes évoluent progressivement, leur texture, leur couleur et leur teneur en eau se modifiant au fil des semaines. Certaines variétés sont appréciées lorsqu’elles conservent une texture tendre, tandis que d’autres sont récoltées à un stade plus avancé. Les producteurs doivent donc adapter leurs interventions à chaque variété, sans appliquer un calendrier identique à toutes les plantations.
Pour la campagne 2026-2027, les services agricoles de Biskra prévoient une production de plus de 4,1 millions de quintaux, dont 2,6 millions de quintaux de Deglet Nour. La wilaya demeure l’un des principaux pôles de la phoeniciculture nationale. Ces volumes prévisionnels illustrent le poids économique de cette culture, dont la campagne mobilise de nombreux intervenants, depuis les exploitations jusqu’aux opérations de tri, de conditionnement et de vente.
Le temps de la Deglet Nour
À l’automne, la récolte s’oriente vers la Deglet Nour, particulièrement associée à Biskra et à Tolga. Sa cueillette s’étend généralement d’octobre à décembre, selon les parcelles, les conditions climatiques et le degré de maturité des régimes. Cette période constitue un moment important pour les producteurs, qui doivent déterminer le stade auquel les fruits présentent les qualités recherchées, tout en organisant la main-d’œuvre et les opérations de récolte.
La coupe des régimes ne représente qu’une partie du travail. Leur descente, la manipulation des fruits, le tri et le conditionnement exigent également de la précaution afin de limiter les détériorations. Pour les dattes vendues en branches, la présentation des régimes peut compter dans leur valorisation commerciale. Le calibre, l’aspect et l’état sanitaire des fruits participent aussi à la qualité des lots proposés aux acheteurs.
À Biskra, la période revêt une dimension économique supplémentaire. Du 29 au 31 octobre 2026, la wilaya accueille le Salon national des dattes, consacré notamment à la qualité des produits et aux perspectives de commercialisation et d’exportation. Le rendez-vous intervient alors que la récolte de la variété emblématique des Ziban occupe progressivement les exploitations. La saison devient ainsi un temps de production, mais aussi un moment de rencontres entre les différents acteurs de la filière.
Des calendriers liés aux oasis
Plus à l’est, Touggourt et les oasis de l’Oued Righ entrent elles aussi dans le rythme de la campagne automnale. La Deglet Nour y côtoie le Ghars, la Degla Beïda et d’autres variétés qui contribuent à la diversité de la production régionale. Pour la saison 2026-2027, la production prévisionnelle de Touggourt atteint près de 1,475 million de quintaux, selon les services agricoles locaux. Cette estimation confirme la place de la région parmi les bassins phoenicicoles importants du Sud.
Les premiers indicateurs communiqués en octobre font état de résultats prometteurs en matière de qualité. Les opérations préventives contre certains ravageurs, notamment le boufaroua, ont concerné plus de 200 000 palmiers-dattiers. Ces interventions rappellent que la qualité de la récolte se prépare bien avant la cueillette. Le suivi des plantations, la surveillance sanitaire et les soins apportés aux palmiers conditionnent en partie l’état des fruits au moment de leur maturité.
Dans cette région comme à Biskra, les dates de récolte varient d’une exploitation à l’autre. La présence de plusieurs variétés étale les opérations sur une période plus longue et impose une organisation adaptée aux régimes arrivés à maturité. La récolte ne constitue donc pas une opération unique, mais une succession d’interventions qui accompagne l’évolution des fruits et la disponibilité des équipes.
À El Oued, autre grand bassin producteur, la récolte de la Deglet Nour se situe généralement entre octobre et décembre. Les dates varient toutefois selon les variétés cultivées et l’évolution de la maturation, ce qui empêche de fixer un calendrier uniforme pour l’ensemble des palmeraies. La diversité des exploitations et des conditions de culture implique de tenir compte des réalités locales plutôt que de considérer toute la région comme un ensemble homogène.
Dans les oasis d’Adrar, du Touat et du Gourara, la phoeniciculture s’inscrit dans des environnements sahariens où le palmier-dattier occupe une place importante dans l’activité agricole. La diversité des variétés et les particularités des pratiques locales imposent également de distinguer les périodes de cueillette. Les calendriers dépendent du rythme de maturation des fruits et doivent être appréciés au plus près des exploitations. À l’échelle nationale, ces différences montrent que la campagne ne progresse pas de manière uniforme d’une wilaya à l’autre.
Au-delà de la cueillette, le devenir des dattes dépend aussi des conditions de conservation et de commercialisation. Les fruits doivent être triés selon leur qualité et leur destination, puis acheminés vers les marchés ou les circuits de conditionnement. L’organisation de ces étapes est essentielle pour limiter les pertes et préserver la valeur de la production, particulièrement pendant les périodes où les volumes récoltés augmentent.
Une saison qui se prolonge jusqu’à l’hiver
De la fin de l’été aux derniers mois de l’année, la récolte des dattes révèle une géographie agricole faite de décalages et de complémentarités. Les variétés précoces ouvrent la saison, tandis que la Deglet Nour occupe une place centrale à l’automne et peut être récoltée jusqu’en décembre. Biskra, El Oued, Touggourt et les oasis d’Adrar participent à cette campagne selon des calendriers qui dépendent des variétés et des conditions de maturation.
Derrière les volumes annoncés, la campagne dépend aussi de l’état sanitaire des palmiers, de la disponibilité de la main-d’œuvre et des conditions de récolte, de stockage et de commercialisation. L’enjeu ne se limite pas à cueillir les fruits au bon moment : il consiste également à préserver leur qualité et à les acheminer dans de bonnes conditions vers les consommateurs. En Algérie, la saison des dattes ne se résume donc pas à un rendez-vous automnal. Elle accompagne, pendant plusieurs mois, la diversité des oasis et des variétés cultivées, jusqu’aux dernières récoltes de fin d’année.
Par : Aly D









