Par : Adam S
D’année en année, les cours de soutien s’imposent tel un moyen incontournable pour une réussite certaine des élèves. Ce phénomène s’est davantage généralisé, pas seulement à Jijel, mais aussi, dans les autres régions du pays, depuis que des moyennes élevées sont exigées au baccalauréat pour s’inscrire dans certaines spécialités universitaires ou dans les grandes écoles civiles ou militaires. Sous couvert d’une activité associative, certains trouvent le bon filon pour ouvrir des salles de cours. D’autres louent des garages et des hangars et s’improvisent « directeurs » d’écoles pour enseigner les langues, les mathématiques et les matières scientifiques. L’introduction de la langue anglaise dans le primaire a déclenché une sorte de ruée sur les garages improvisés en écoles d’enseignement des langues. C’est dans cette confusion que ces « pseudo-écoles » rivalisent d’imagination pour s’attribuer des vertus académiques. Sur les frontons de ces locaux, on ne s’offusque pas d’inscrire des appellations pompeuses faisant penser à des académies. A telle enseigne qu’on se croirait dans de prestigieuses villes universitaires, alors qu’il ne s’agit qu’une d’un trompe-l’œil pour attirer davantage de potaches dans un marché qui n’obéit à aucune règle. En l’absence de contrôle pour réguler cette activité, c’est un flagrant laisser-faire qui pousse d’autres à verser dans ce circuit très lucratif.
C’est dans ces conditions qu’à Jijel, à El Milia ou à Taher pour ne citer que ces grandes villes de la wilaya, la course aux cours de soutien est lancée. Les parents se sont retrouvés confrontés au diktat de ces cours. L’obligation est de faire comme les autres pour assurer des cours dans ces écoles informelles. Plus connus de par leur longue expérience acquise dans le domaine, des enseignants, notamment dans les classes de terminales, sautent sur l’aubaine est donnent des cours aux élèves dont les parents ne rechignent pas à payer.
A leur tour, ils ouvrent des classes et assurent des cours à des candidats à l’examen fatidique du baccalauréat en contrepartie d’importantes sommes d’argent. Dans les paliers inférieurs, la course est également lancée pour les élèves préparant les examens de la cinquième et du BEM. Le souci d’obtenir une meilleure moyenne est la principale des motivations poussant les parents à se rabattre sur ces cours. Des parents avouent toutefois qu’ils n’ont plus de choix que de recourir à ces cours pour améliorer le niveau scolaire de leurs enfants. Ils évoquent une surcharge dans le programme qui ne permet pas à l’élève d’assimiler ses leçons. D’autres vont jusqu’à mettre en cause des programmes complexes et difficiles à assimiler, ce qui les poussent à s’orienter vers la piste des cours de soutien pour se soulager des fardeaux des révisions à la maison. Le besoin pour ces cours se fait davantage sentir pour les couples qui travaillent n’ayant pas de temps à consacrer à la révision des cours à leurs enfants.
Le coût financier de ces cours est tel qu’il contraint ces parents à consentir des efforts pour pouvoir couvrir les frais de cette scolarité parallèle. Et pas que, puisque tout cela se fait au détriment de leurs journées de repos, lorsqu’ils consacrent leur week-end au ramassage de leurs enfants de ces écoles parallèles. Cette course effrénée aux cours de soutien a toutefois permis à des diplômés universitaires en chômage, notamment dans la catégorie de la gente féminine, de gagner un peu d’argent dans cette activité scolaire parallèle. N’ayant pas les moyens de louer des salles de cours ou des garages, ces diplômées acceptent de partager le montant perçu avec le patron de l’école qui les emploie. Un emploi précaire qui leur assure quelques sous dans une activité qui régule ce circuit scolaire hors norme.








