Par : M. Rahmani
L’interdiction d’accès aux plages, une décision prise par les autorités de la wilaya d’Annaba pour freiner les contaminations à la Covid-19, qui ont atteint ces derniers jours un seuil alarmant, a été saluée par la population qui y voit un des moyens les plus sûrs de protéger tout le monde, habitants et visiteurs.
Pour certaines catégories, cette fermeture signifie la perte de leurs moyens de subsistance représentés par des emplois saisonniers, mais aussi pour toutes les autres activités non autorisées mais tolérées car permettant à certains de gagner de quoi subvenir aux besoins de leurs familles.
Ainsi, gargotes et paillotes, offrant certains services comme sandwiches, boissons et glaces, tabacs et autres beignets ont été fermées et le personnel s’est retrouvé du jour au lendemain sans emploi. Ce sont ainsi des dizaines de travailleurs qui se sont retrouvés au chômage et qui ne savent plus quoi faire. « Je suis étudiant, nous confie Med Zine, cela fait 3 ans que je travaille durant l’été pour gagner un peu d’argent qui me permet de couvrir les dépenses au cours de l’année universitaire. Mes parents sont pauvres et ne peuvent pas prendre en charge toutes les dépenses, car nous sommes 3 frères et sœurs et donc nous sommes obligés de travailler pour les aider. Ma sœur ne travaille pas bien sûr et c’est nous, mon frère et moi, qui nous débrouillons pendant l’été. On travaille dans les cafés, dans les restaurants ou encore sur la plage. Maintenant, ce n’est plus possible avec cette décision du wali. Ça va être vraiment très difficile pour nous. Il est vrai que la situation exige cela mais il fallait prendre en considération tous ces petits boulots qui font vivre des centaines de gens.»
Pour Ammi Ali, patron d’une paillotte à Ain Achir c’est la fin de tout « Cela fait 2 saisons que je n’ai pas travaillé et je ne peux plus tenir le coup. Pour cette année j’avais beaucoup d’espoir pour récupérer un peu et travailler surtout qu’on était bien parti avec une affluence record, des bus entiers arrivaient de partout et beaucoup de monde se déversait sur la plage, les affaires commençaient à reprendre. Puis tout d’un coup, plus rien, plus personne, des plages désertes, une décision de la wilaya a tout fermé. Et nous, dans tout cela personne ne pense à nous. Qu’est-ce qu’on va devenir ? » Nous dit-il avec beaucoup d’amertume tout en levant ses mains au Ciel pour demander à Dieu de lever cette pandémie.
Les parkings sont déserts, il n’y a pas l’ombre d’une voiture aux plages Ain Achir ou Reffès Zehouane, c’est le vide total. Plus de gardiens de parkings, plus de droits à payer et les patrons qui ont loué ces espaces à la commune se plaignent du fait qu’ils ne travaillent plus car plus personne ne vient et c’est bien dommage. « Nous ne travaillons plus parce que tout simplement la plage n’est plus fréquentée, on travaillait avec les familles qui arrivent d’un peu partout. On gare son véhicule et on s’en va à la plage en toute sécurité. Et en dehors du parking, ce sont des activités périphériques qui se sont développées et ça fait vivre des familles. Loueurs de parasols, de tables, vendeurs de pizzas, de boissons et autres, tous trouvent leur compte mais aujourd’hui, comme vous voyez tout est désert. C’est vraiment triste. » Nous explique-t-il.
La situation est donc critique pour ces catégories de la population qui travaillent principalement durant la période estivale et qui aujourd’hui se meurent et lancent un appel de détresse aux autorités. Certains pensent qu’un pass sanitaire ou un système de jauge applicable aux plages serait la meilleure des solutions pour sauver la saison estivale.








